Culture : CINEMA
«Corvée de bois», film en gestation de Hamina


Corvée de bois est le titre provisoire d’un film que projette de réaliser le cinéaste Mohamed Lakhdar Hamina. Cette révélation a été faite vendredi en fin d’après-midi, par le réalisateur, lors d’une rencontre au Centre culturel français (CCF) d’Annaba.
Le synopsis de ce film raconte l’histoire, durant la guerre de Libération, de maquisards ou de simples citoyens algériens fait prisonniers et qu’on assassine sans aucune forme de procès. Les soldats de l’armée française, une fois les aveux faits sous la torture, emmenaient leurs victimes dans un talweg où ils leur intimaient l’ordre de creuser au milieu de l’oued sec pour, prétendument, avoir de l’eau. La fosse à hauteur d’homme creusée, ils leur demandent de ramasser du bois, d'où le titre du film Corvée de bois. Une fois le dos tourné, et au signal de leur officier, les soldats les exécutent froidement d’une rafale de mitraillette. «Ce sera mon dernier film sur la guerre de Libération», affirme Hamina. Ce film sera entièrement tourné dans le sud du pays, indiquera le cinéaste. Evoquant la situation du cinéma en Algérie, le réalisateur de Chronique des années de braise, premier et unique film arabe ayant décroché la Palme d’or au festival de Cannes, en 1975, estime que le cinéma national, qu’il a qualifié «de cimetière des éléphants» est mort, autant que le théâtre. «En Algérie, personne n’est vraiment responsable du secteur dont il a la charge, d'où le fameux «ce n’est pas moi, c’est lui», relève le conférencier, pour qui la harga n’est pas un problème de chômage, mais elle est beaucoup plus liée à la malvie des jeunes. Il expliquera que le cinéma, qui est un art majeur, peut aider les jeunes à vivre leur vie en Algérie, sans avoir à chercher cela dans des pays étrangers en s’aventurant en mer au péril de leur vie. «Dans ce pays, les vieux sont paumés, que dire alors des jeunes», s’élève Hamina, faisant remarquer que l’école algérienne est sinistrée depuis 1962. «Nous avons perdu nos repères. Et ce n’est pas les quelques manifestations plus folkloriques qu’autre chose absorbant de gros budgets qui y changeront quoi que ce soit.» «L'art, la culture, d’une façon générale, doivent être confiés aux véritables professionnels », estime le réalisateur de La dernière image, son dernier film réalisé il y a plus d’une quinzaine d’années. Cette conférence devait en principe suivre la projection, jeudi soir, de la superproduction Chronique des années de braise, du même réalisateur, programmée en ouverture de la semaine cinématographique, initiée par le CCF d’Annaba, intitulée «Cinéma sous les étoiles». Ayant pour cadre la cour de l’ex-lycée Pierre et Marie-Curie de cette ville, donc en plein air, cette projection n’a pu avoir lieu, en raison des mauvaises conditions atmosphériques marquées par une pluie diluvienne qui n’a cessé de tomber tout au long du week-end. Avec le retour du beau temps, ce rendez-vous du 7e art sera inauguré, en principe, dans la soirée de ce samedi, nous fait savoir M. Djamel Marir, responsable de l’action culturelle au CCF. C’est également le vœu des nombreux cinéphiles d’Annaba.
A. Bouacha

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