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Que faut-il espérer du passage d’Ouyahia, demain, à
l’Assemblée nationale ?
Des ponctions sur les salaires des députés !
A peine les médecins hospitalo-universitaires ont-ils annoncé la fin de leur
grève que les profs… d’université annoncent le début de la leur pour la fin de
ce mois. Le 30 exactement. Un véritable casse-tête chinois que ces grèves
tournantes dans un pays où, pourtant, les chiffres officiels sont formels. Il y
a 90,23% d’Algériens en âge de s’exprimer de manière citoyenne qui sont heureux
de leurs conditions de vie, qui ne veulent pas de révolution, qui ne veulent pas
non plus de changements de dirigeants et qui tiennent par-dessus tout au
maintien au poste du plus gradé d’entre eux, Abdekka. D’où sortent alors ces
mécontents ? De quelle poche inexplorée jaillissent tous ces grognards ? Dans
quelle zone de ce vaste pays du bonheur prolifère cette engeance de rouspéteurs
patentés ? On peut aligner ce genre de questions à l’infini. On peut aussi
émettre des théories. Comme celle-là : il existerait deux peuples distincts se
partageant le territoire dans une cohabitation forcée. Mais même cette
théorie-là ne nous épargne pas d’autres questions d’ordre pratique. Est-il déjà
arrivé à ces deux peuples, les shootés au bonheur, les adeptes de la pilule du
bien-être, d’une part, et les schtroumpfs grincheux d’autre part, de se
rencontrer ? Y a-t-il des témoins de ce genre de rencontres du 3e type ? S’ils
ne se sont jamais croisés, comment les dirigeants réussissent la prouesse
technique de les faire s’éviter en permanence ? Eh oui ! Avez-vous déjà assisté
dans votre chienne de vie à la rencontre entre une procession de poètes chantant
à tue-tête les vertus d’Abdekka le magnifique et une autre procession, de
médecins celle-là, chantant «on vous aura un jour, bande d’affameurs» ? Jamais !
Je m’en doutais un peu. D’où la performance qui mérite d’être signalée ici.
L’Algérie, c’est cet espace unique au monde où deux peuples vivent dans le même
territoire sans jamais se rencontrer. C’est peut-être parce que l’un, celui des
shootés à la pilule du bonheur, ne sort qu’une fois tous les cinq ans, alors que
l’autre peuple, celui des schtroumpfs grincheux, est tous les jours dans la rue,
sauf un seul jour de l’année. Un jeudi. A la mi-avril. Entre 8 heures et 20
heures. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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