lundi 18 mai 2009
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La pilule du bonheur et les schtroumpfs grincheux !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Que faut-il espérer du passage d’Ouyahia, demain, à l’Assemblée nationale ? 

Des ponctions sur les salaires des députés !

A peine les médecins hospitalo-universitaires ont-ils annoncé la fin de leur grève que les profs… d’université annoncent le début de la leur pour la fin de ce mois. Le 30 exactement. Un véritable casse-tête chinois que ces grèves tournantes dans un pays où, pourtant, les chiffres officiels sont formels. Il y a 90,23% d’Algériens en âge de s’exprimer de manière citoyenne qui sont heureux de leurs conditions de vie, qui ne veulent pas de révolution, qui ne veulent pas non plus de changements de dirigeants et qui tiennent par-dessus tout au maintien au poste du plus gradé d’entre eux, Abdekka. D’où sortent alors ces mécontents ? De quelle poche inexplorée jaillissent tous ces grognards ? Dans quelle zone de ce vaste pays du bonheur prolifère cette engeance de rouspéteurs patentés ? On peut aligner ce genre de questions à l’infini. On peut aussi émettre des théories. Comme celle-là : il existerait deux peuples distincts se partageant le territoire dans une cohabitation forcée. Mais même cette théorie-là ne nous épargne pas d’autres questions d’ordre pratique. Est-il déjà arrivé à ces deux peuples, les shootés au bonheur, les adeptes de la pilule du bien-être, d’une part, et les schtroumpfs grincheux d’autre part, de se rencontrer ? Y a-t-il des témoins de ce genre de rencontres du 3e type ? S’ils ne se sont jamais croisés, comment les dirigeants réussissent la prouesse technique de les faire s’éviter en permanence ? Eh oui ! Avez-vous déjà assisté dans votre chienne de vie à la rencontre entre une procession de poètes chantant à tue-tête les vertus d’Abdekka le magnifique et une autre procession, de médecins celle-là, chantant «on vous aura un jour, bande d’affameurs» ? Jamais ! Je m’en doutais un peu. D’où la performance qui mérite d’être signalée ici. L’Algérie, c’est cet espace unique au monde où deux peuples vivent dans le même territoire sans jamais se rencontrer. C’est peut-être parce que l’un, celui des shootés à la pilule du bonheur, ne sort qu’une fois tous les cinq ans, alors que l’autre peuple, celui des schtroumpfs grincheux, est tous les jours dans la rue, sauf un seul jour de l’année. Un jeudi. A la mi-avril. Entre 8 heures et 20 heures. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

www.tacervellesarrete.blogspot.com

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