mardi 19 mai 2009
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Querelles au Club !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

La France attendait Abdekka. Elle a finalement accueilli … 

… Boumediene !

Il y a quelques haut-le-cœur à réprimer à la lecture de ce qui est en passe de devenir l’affaire «Club-des-Pins». L’un des endroits les plus fermés d’Algérie, après la rue Shakespeare, à Alger, vit en ce moment un feuilleton peu ragoûtant. La direction de cette résidence d’Etat vient de couper l’électricité et le gaz aux locataires des villas et appartement du Club, au motif que ces derniers n’auraient pas souscrit à un cahier des charges. Je ne veux même pas savoir qui, dans cette affaire a raison et qui a tort. Je remarque deux choses : primo, le Club est le lieu de résidence de la nomenklatura. Du moins d’une bonne partie d’entre elle. Des gens importants dans la hiérarchie du système, puisque ce même système a jugé nécessaire et vital de les loger dans un espace «hyper-sécurisé». Secundo, ces mêmes personnes importantes dans l’échelle en bois du système, en public, devant une population témoin malgré elle, se crêpent le chignon avec une direction de résidence elle-même nommée par le système. Et ça donne cette image-là de ce système : «Tu signes le cahier des charges ? Non, je ne signe pas ! Alors, si tu ne signes pas, je te coupe l’électricité !» Niveau, khouya, niveau ! C’est la classe dans les hautes sphères ! Ça te renseigne utilement sur le sens élevé que ces gens-là ont de l’obligation de réserve, du rang, de la «hiba», de la stature d’un Etat et de ses hauts commis. Du temps de l’URSS, il s’élevait moins de glapissements et de grognements des datchas où résidaient les pontes du politburo. On y était entre privilégiés, mais on évitait de caqueter trop fort, trop haut pour ne pas écœurer l’ouvrier russe. Ici, point de retenue. On se balance à la figure qui, un acte de propriété, qui un contrat de location, qui une attestation d’affectation, qui une promotion canapé. Le tout sur fond obscur de coupures de courant. Définitivement, irrémédiablement, ces gens-là ont d’autres préoccupations que nous. Eux, gèrent un club, Môssieur ! Et nous, nous fumons du thé pour rester éveillés à ce cauchemar qui continue.
H. L.

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