Culture : BOUIRA
Journée d’étude sur la restauration des sites historiques


Dans le cadre de la célébration du Mois du patrimoine qui a lieu chaque année du 18 avril au 18 mai, la direction de la culture de la wilaya de Bouira a, pour clôturer cet événement, organisé une journée d’étude sur la restauration de certains sites historiques dont les études ont été déjà entamées.
Et à l’occasion et pour donner un aperçu sur l’importance et la délicatesse de la tâche, des bureaux d’études étaient invités à exposer leurs premières études concernant la restauration de ces sites ainsi que toutes les démarches entreprises. Ainsi, le premier bureau d’études à intervenir est celui chargé de la restauration et de la mise en valeur du fort turc de Bouira communément appelé Bordj Hamza. La représentante du bureau d’études Atrium, Mme Messikh, a d’emblée expliqué les démarches et les étapes qu’elle avait suivies et sur lesquelles elle s’est basée, à savoir le constat et les mesures d’urgence à prendre comme le nettoyage, le déblayage, le défrichage et, ensuite, dresser la genèse historique et les relevés existants, l’état de conservation et le diagnostic et enfin, engager le projet de restauration ; une restauration à l’issue de laquelle le fort turc sera reconverti en un musée et une aire muséale. Ainsi, lors de la présentation de ce projet de restauration, Mme Messikh a évoqué, concernant la reconstitution du site, les démarches entreprises et qui l’ont conduite jusqu’à Paris pour consulter les archives militaires françaises, puisque ce fort turc, construit vers la fin du XVIe siècle, a été occupé après l’invasion française par des militaires et cela vers 1847. Après la fin de l’insurrection d’El-Mokrani, à laquelle la région avait participé pleinement, et après la pacification de la région, vers les années 1880, le fort turc n’avait plus de raison d’être aux yeux des militaires français qui l’ont quitté pour s’établir un peu plus bas, là où existe actuellement l’ancienne ville de Bouira. Suite à ce départ, le fort turc a été cédé à des fermiers et ce, jusqu’à 1933 où celui-ci a été identifié dans le cadre de lotissement de la ville comme lot n°39 du lotissement Draâ-El-Bordj et en 1934, les militaires ont officiellement vendu le fort, qui avait alors une superficie de 5 hectares et 75 ares, aux Domaines. Après l’indépendance du pays, le fort turc a servi de dépôt de matériaux de construction avant d'être abandonné puis squatté dans les années 1990 par des familles qui y ont élu domicile. En 2006, les familles ont été expulsées et la restauration du fort pouvait commencer. Tout au long de son exposé, Mme Messikh a insisté sur la délicatesse de cette restauration surtout avec le classement du site comme étant site historique. Plusieurs études et autres relevés furent nécessaires pour reconstituer le fort, faire valoir les rampes, la citerne qui servait du temps des Ottomans pour les usages de consommation et autres besoins domestiques, sauvegarder les meurtrières ainsi que les voutes, etc. Après cette étude, la représentante du bureau Atrium a rappelé que la restauration se fait avec les matériaux adéquats mais en laissant apparaître la différence entre ce qui avait résisté de ce qui a été restauré et ce, afin que même la restauration soit mise en évidence et fasse partie de l’histoire du fort. D’ailleurs, à la fin de cette restauration, l’oratrice a insisté sur l’existence, à l’intérieur du fort-musée, d’une galerie d’exposition qui sera permanente et relatera l’histoire propre du fort turc ou Bordj Hamza. Cela en plus des fenêtres archéologiques qui seront laissées à l’extérieur et qui feront ressortir l’ancienne construction et la nouvelle. De son côté, le représentant du bureau Gauld a exposé son travail concernant le projet de restauration de la muraille et les portes de Sour- El-Ghozlane, l’antique Auzia, alors que Mme Hamdad a exposé le projet de restauration de la Chorfa de Ouled Slama à El-Hakimia, un mausolée que beaucoup appellent le mausolée Takfarinas mais que les études n’ont jamais démontré la justesse de cette affirmation. Rappelons, à la fin, qu’au niveau de la wilaya de Bouira, il existe 22 sites archéologiques, mais seuls 5 d’entre eux sont classés comme patrimoines historiques nationaux. Il s’agit des inscriptions romaines à Sour-El-Ghozlane qui ont été classées en 1967, le fort turc, la muraille et la caserne de Sour-El-Ghozlane classées en 2006 et enfin, le mausolée de Ouled Slama à El- Hakimia classé le 17 décembre 2007. 13 autres sites sont toujours au niveau du ministère pour leur classification alors que 6 autres devront incessamment être proposés pour leur classification comme patrimoines culturels et historiques de la wilaya comme le Bordj d’Ath Mansour, le site romain de Tachachit à El-Adjiba, la mosquée El-Atik de Sour-El- Ghozlane, l’Institut de musique de Bouira et deux sites à El-Hachimia. Signalons que lors de cette journée fort intéressante qui a été marquée par la présence du wali, du P/APW des deux sénateurs et d’une députée, et par l’absence de la plupart des P/APC qui étaient pourtant tous invités, ainsi que de l’absence de plusieurs autres cadres pouvant enrichir le débat qui devait être lancé et même encouragé en pareilles occasions, des cadeaux ont été décernés à l’association histoire et archéologie de Bouira, ainsi qu’à l’association de la mosquée de Ouled Brahim dans la commune de M’chedallah.
Y. Y

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