|
La canicule s’abattit cette année-là prématurément sur nous, ravissant le moindre souffle d’air, avalant la moindre parcelle d’ombre, tarissant la moindre goutte d’eau. C’était donc par un de ces matins torrides de naissance du monde que nous entrâmes en démocratie comme on entre à l’école. Nous avions tous un livre au titre dissimulé sous le bras, des cahiers tout neufs pour écrire l’épopée de nos maîtres, des crayons de toutes les couleurs pour suivre l’évolution de la palette, le doigt sur la couture du pantalon, un tablier d’écolier et des casquettes pour rester reconnaissables dans notre état de troupeau d’élite.
Suite...
|