Chronique du jour : DECODAGES
LES PLANS DE RELANCE, C’EST BIEN
La relance + les réformes économiques, c’est mieux !
Par Abdelmadjid Bouzidi
abdelmadjidbouzidi@yahoo.fr


Le programme du gouvernement vient d’être adopté par l’APN. Ce qu’il faut en retenir au plan économique ? L’Algérie est à la veille de lancer un troisième plan de consolidation de la croissance de 150 milliards de dollars. Après les plans de relance I et II, voilà le plan de relance III. Bien évidemment, ces programmes d’investissements publics qui visent à rattraper les grands retards accumulés, dans l’équipement du pays et la modernisation de ses infrastructures, sont les bienvenus d’autant plus qu’ils préparent aussi à la croissance économique future, à l’amélioration de l’attractivité, à l’accueil efficace de l’investissement productif dont a si besoin l’économie algérienne.
Bien évidemment, le bilan des deux premiers plans de relance reste à faire et on signale déjà, ça et là, des gaspillages, des erreurs techniques dans certaines réalisations d'infrastructures, des plannings de chantiers incohérents`. Mais, nous savions déjà que l'Algérie manque dramatiquement, et de plus en plus, de managers de projets, qualifiés surtout au niveau décentralisé, au niveau des communes et même des wilayas. Il y a donc des «fuites dans le multiplicateur» et des progrès à réaliser dans la capacité d’absorption de notre économie. Le problème existe mais ne disqualifie pas pour autant les programmes de relance mis en œuvre ni celui qui va l’être durant l’actuel quinquennat. Mais c’est Bouteflika lui-même qui soulignait dans un discours prononcé devant les cadres de la nation : «La richesse, ce n’est pas un coffre-fort plein mais une économie vivante et dynamique, des Algériens qui trouvent à s’employer, un processus d’investissement continu, une consommation en expansion.» Or, c’est précisément tout cela qui fait actuellement défaut à l’économie algérienne. Et «tout cela» passe nécessairement par une restructuration de l’économie, sa réorganisation, la définition d’un nouveau chemin de croissance. L’économie algérienne a besoin de politiques structurelles. Nous le disons depuis 1995 : modernisation et ouverture du système bancaire, mise en place du marché financier, modernisation de l’appareil fiscal, réforme du système des impôts, mise à jour de l’appareil judiciaire dans le domaine des affaires économiques, fluidité dans le marché du travail et surtout réforme du système de formation supérieure pour aller de plus en plus vers la formation qualifiante, la formation en alternance, la formation dans les métiers de l’entreprise, mise en œuvre enfin (et sans tarder) d’un programme sérieux de mise à niveau des entreprises en prenant conscience, enfin, du retard considérable que nous enregistrons dans ce domaine. On voit bien ici que l’économie algérienne a besoin de bien plus qu’un troisième plan de relance et que celui-ci ne saurait remplacer un programme plein, un programme cohérent de réformes économiques. Or, les réformes économiques, le gouvernement n’en parle plus tellement notre économie manque de dynamisme. Elle fonctionne mal. Cette troisième mandature pourrait être celle de la transformation de notre système économique, celle qui aurait permis à notre exécutif de ne plus être obligé de déclarer sans rougir que «l’économie algérienne évitera la crise économique mondiale car elle n’est pas connectée au reste du monde» (!?) et à notre large opinion publique de ne plus lancer la boutade : «Notre économie ne sera pas touchée par la crise mondiale.» La raison est simple : «Nous n’avons pas d’économie !» L’investissement productif est largement insuffisant, les entreprises aussi bien publiques que privées ne sont pas performantes ni compétitives, les mécanismes d’évaluation de l’activité économique en général sont opaques, le mode de financement de l’économie est «vieillot», le capital humain n’est pas disponible ni en quantité ni en qualité recherchées par les investisseurs. Mais comment peut-on parler autant de toutes ces questions largement connue, par ailleurs, sans rencontrer aucun écho, ne serait-ce qu’en la forme d’un débat sur tous ces dossiers ?
A. B.

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