mercredi 27 mai 2009
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Tant que vous fermez les yeux…

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Insolite. Un requin capturé au large de la Madrague. Ce devait être un petit requin… 

… parce que les gros, on les capture rarement chez nous

L’effet Ouyahia ! Il faudra bien se résoudre à l’admettre. Il y a un effet Ouyahia. Vérifiable très simplement. Vous suivez, à la télévision, la retransmission des réponses du Premier ministre aux questions des députés. Tout en fermant les yeux. Et ainsi, les yeux clos, vous entendez les excuses présentés par H’mimed aux appelés du Service national, victimes des tangos et oubliés par les pouvoirs publics, quasiment abandonnés. Vous entendez également le même Si Ahmed promettre la prise en charge des Patriotes, des GLD et de leurs familles, les autres grands oubliés de la lutte antiterroriste. Vous entendez aussi le même Ouyahia marteler l’impossibilité d’aller vers le pardon aux tangos sans l’éradication totale des maquis intégristes. Vous entendez le même Premier ministre dire toute sa colère face aux investisseurs étrangers qui sont venus ici, se sont fait du blé, puis sont repartis, en ayant pris soin, bien sûr, de revendre entre-temps leurs «affaires algériennes». Vous entendez tout cela sortir de la bouche de H’mimed, vos yeux toujours fermés. Pour le plaisir. Pour la communion. Pour le désir d’Algérie. De cette Algérie qui a démontré, il n’y a pas longtemps, qu’il était possible de défaire militairement les tangos. Mais, ensuite, il vous faut bien les ouvrir, vos yeux. Vous ne pouvez pas rester tout le temps les yeux fermés à déguster les paroles d’Ouyahia. Et quand vous ouvrez les yeux, l’effet Ouyahia prend une baffe, une volée à faire pâlir de jalousie Nadal et son prodigieux coup droit. Les yeux ouverts, que voyez-vous ? D’abord, les travées d’une Assemblée encombrées par les islamo-conservateurs de tous poils. Les yeux encore plus ouverts, vous lisez dans la presse des interviews d’El-Para, de Hattab, de Benaïcha et de Belkhadem. Vous voyez à la télévision l’accueil phénoménal réservé à un émir du Golfe débarquant à l’aéroport d’Alger et présenté, lui et ses milliards de dollars, comme le sauveur de notre économie. Vous suivez, éberlués, le nombre astronomique de personnalités, de ministres et d’officiels de tous bords contraints de se plier en quatre pour rendre le séjour de cet enturbanné le plus agréable qu’il soit et le plus facile d’accès aux… crédits possible. C’est ce que j’appelle l’effet Ouyahia. Pour le croire, pour y croire, il faut absolument garder les yeux fermés. Dès que vous les ouvrez, pfuit ! Le charme est rompu. Et il ne vous reste alors comme palliatif que de fumer du thé pour rester éveillés à ce cauchemar qui continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com

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