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Hospitalisation d’Abdekka en Suisse. Je n’y croirais que
lorsqu’il me le confirmera lui-même.
Cheb Mami, bien sûr
A l’heure où j’écris ces lignes, le match Algérie- Egypte n’a pas commencé. A
l’heure où vous me ferez l’honneur de les lire, le résultat de la rencontre sera
connu. Et quel que soit ce résultat, je dois dire que cela m’importe peu. Car
entre-temps, il y aura eu un truc unique autour de cette rencontre. Une
communion sans pareille. Alors oui ! C’est possible. Il est encore possible de
réunir ce peuple autour d’un objectif. Un objectif sain. Non ! Tout n’est pas
pourri sur cette portion de terre. Non ! Tout n’est pas perdu. Et cette flamme
que l’on reproche aux gens d’avoir perdue au fond de leurs yeux, il suffit juste
de savoir la raviver. Je sais, cela peut vous sembler guimauve, un brin
emprunté. Mais Wallah que de voir ces jeunes, ces moins jeunes, ces hommes, ces
femmes brandissant le drapeau, exhibant fièrement leurs maillots aux couleurs
nationales, ça vous remue au plus profond. Il ne s’agit pas d’un simple chahut
de gamins. C’est juste que, là, autour d’un enjeu sportif, autour de cette
rencontre, il n’y a aucune possibilité de fraude, de bourrage d’urne, de «tikherbichine»,
de candidat élu avant le scrutin, ni de scores brejnéviens. Là, c’est l’Algérie
qui joue. Sans Alliance présidentielle. Sans Belkhadem. Sans les «repentis dans
les affaires» et sans attendre le vendredi suivant pour se voir asséner les
résultats définitivement consolidés. C’est donc que cette Algérie des choses
vraies existe et ne demande qu’à s’impliquer. Pas seulement en sport. Qu’elle
sente réellement qu’on la respecte, qu’on gère le pays pour elle, et elle sera
là. Au poste. Comme elle l’a été lorsque le pays, en guerre contre l’islam
politique, en guerre contre ceux qui voulaient interdire l’école et le savoir à
nos enfants, est sorti tout entier en 1995 dire aux barbus d’aller se la
tailler, leur excroissance pileuse et haineuse. Ce peuple qui défile aujourd’hui
pour un match a besoin d’y croire, et n’en peut plus d’être berné. Il ne vous
demande pas d’être géniaux, lumineux. Non ! Juste d’être à la hauteur modeste de
ces rêves de bonheur et de stabilité. Vous avez mangé ! Vous avez bouffé jusqu’à
en régurgiter en public. Aujourd’hui, marquez une pause dans vos banquets
orgiaques et donnez du bonheur à vos administrés, à vos concitoyens. Ils le
méritent, ce bonheur dont vous les privez. Ouvrez juste vos balcons et vos
fenêtres, et voyez comme ce peuple respire et transpire le bonheur. Très
franchement, méritez ce peuple. Il serait temps ! Enfin ! Je fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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