Culture : CCF ANNABA
Place à la musique !


L’ex-lycée Pierre-et-Marie-Curie, dispensant durant l’année universitaire des cours de langues par des professeurs de l’université Badji Mokhtar de Annaba, de laquelle il relève depuis quelques années, a vibré mercredi soir aux sons du hip hop, du jazz fusionné au gnaoui, du rock et de variétés orientales.
C’était à l’occasion de la finale du «Prix découverte CCF 2009» des meilleurs groupes musicaux d’Algérie et qui mettait en compétition quatre ensembles : Hiroshima d’Oran, Askream de Skikda, Deep Sound de Tlemcen et Illusion de Constantine. Le choix de ces quatre groupes intervient à l’issue d’une présélection qui s’est déroulée en février dernier dans les différents CCF du pays, dont la finalité est la découverte de jeunes talents. Le premier prix est finalement revenu à l’ensemble Illusion de Constantine dont le genre rock alternant la mélodie. Ce prix est doté d’une tournée à travers l’ensemble des CCF d’Algérie en plus d’une participation à un festival en France. Durant près de quatre heures, cet espace, habitué à des journées calmes et studieuses, a laissé place à une débauche d’énergie, de danses tout aussi frénétiques qu’endiablées de jeunes venus nombreux pour assister à cette manifestation. L’initiative du Centre culturel français (CCF) de Annaba, en collaboration avec l’université de la ville, n’est qu’un maillon d’une chaîne d’activités culturelles organisées tout au long de l’année. Elle intervient après le succès de la manifestation cinématographique «Cinéma sous les étoiles», accueillie au même endroit, en mai dernier. «On a été gratifié de concerts où il y avait beaucoup de recherche et de mélange de genres musicaux dont le résultat est parfois étonnant. Il n’y avait pas que le concours ou la compétition, mais c’était également un moment de convivialité et de contacts entre groupes s’échangeant leurs expériences musicales», estime, à ce propos, Djamel Marir, responsable de l’action culturelle du CCF de Annaba. «Ce prix s’inscrit dans le souhait de participer avec les autres institutions algériennes à valoriser l’émergence artistique dans le pays. Comme il a aussi pour but d’aider la jeune création et d’assurer sa diffusion», tient à souligner la même source, qui s’implique totalement avec sa jeune équipe composée principalement d’Algériens employés du CCF, dans la mise en place de manifestations culturelles souvent de haute facture. Un autre événement culturel en ce même lieu, et durant ce mois de juin, était programmé pour hier. Il s’agit d’une affiche attrayante qui est proposée au public de la région de Annaba, à travers un concert de la jeune chanteuse tunisienne Amel Mathlouthi, artiste aujourd’hui accomplie, ayant animé une quarantaine de concerts, malgré son jeune âge (25 ans). Sa musique est ouverte sur différents genres, principalement du monde arabe, Maghreb et Machrek réunis, avec une alliance mesurée de sons et de rythmes gnaoui, dont l’origine est certes africaine, mais qui a été adopté au Maghreb. Il y a aussi dans cette musique du folk, du flamenco et même un zeste de celtique et de tzigane. Autodidacte et ayant prouvé une certaine maitrise scénique, elle s’accompagne de son instrument de prédilection, la guitare, qu’elle joue d’une manière remarquable, outre le fait qu’elle compose, écrit et chante. Enfin, le 21 juin, coïncidant avec le premier jour de la saison estivale, c’est la fête de la musique. Lancée en 1982 d’abord en France, cette fête est devenue internationale (quelque 350 villes de 120 pays de tous les continents l’ont organisée en 2008). Cette année, Annaba ne sera pas en reste. Le programme arrêté pour cette journée des sons et des rythmes rock ou métissés, de la chanson réaliste ou engagée, intimiste ou militante, débutera à la résidence du consulat général de France qui adhère, ainsi, à cet événement. Il y aura une soirée musicale animée par l’ensemble Laghrib. La fête se prolongera à partir de 20h dans les locaux du CCF de la ville avec d’autres groupes. «Si l’impulsion et le dynamisme des institutions diplomatiques et culturelles françaises ont contribué dans le développement international de cette fête, nombreux sont les acteurs locaux, qui s’impliquent désormais dans l’organisation et la réussite de cet événement, devenu universel », tient à préciser le responsable de l’action culturelle du CCF de Annaba. Cet intérêt soutenu pour la chose culturelle prouve à l’évidence qu’il existe aujourd’hui à Annaba un plus culturel. Un espace qui sort un peu des sentiers battus. Ces manifestations culturelles qui exaltent la jeunesse locale ne sont sans aucun doute que la preuve de la vitalité de l’équipe du CCF. Elles donnent à cette jeunesse des moments de joie et d’évasion spirituelle, dans sa région même, loin de celle physique de la harga dont l’aventure en mer représente un grand risque, et le devenir toujours incertain pour ceux qui pourraient atteindre l’autre rive.
A. Bouacha

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