Culture : HORS LA LOIDE RACHID BOUCHAREB
Bientôt le premier tour de manivelle


Alors que London Rive, son nouveau film, qui a obtenu l’Ours d’argent au festival de Berlin, sera projeté dans quinze jours en Algérie, Rachid Bouchareb, le réalisateur franco-algérien d’Indigènes, lancera à partir de Sétif, au mois de juillet prochain, le premier tour de manivelle d’un long métrage sur les massacres du 8 Mai 1945.
Intitulée Hors-la-loi, cette nouvelle œuvre cinématographique est le second volet d’ Indigènes qui s’ouvre sur la sanglante répression du 8 Mai 1945 à Sétif au moment où la France fêtait l’armistice. Le film qui revient sur le destin de trois frères évoquera la fin de la guerre d’Indochine avec la défaite française de Diên Biên Phu (7 mai 1954) et débouchera sur la guerre d’Indépendance des Algériens, la Bataille de Paris et les ratonnades du 17 Octobre 1961 moins de six mois avant le cessez-le- feu en Algérie. «Trois frères dont la famille a été chassée de ses terres et qui ont survécu aux massacres de Sétif en 1945 se retrouvent en France et s’engagent dans la révolution. La bataille de Paris, qui oppose le FLN à la police française, va les broyer, les déchirer : pour conquérir le droit d’être des humains à part entière.» Tel est le synopsis de Hors-la-loi écrit par Rachid Bouchareb et Olivier Lorelle. Pour le casting, le réalisateur a préféré faire confiance à son équipe d’ Indigènes avec Samy Naceri, Djamel Debbouze, Sami Bouadjila, Roshdy Zem et Bernard Blancan. Aussitôt d’autres acteurs algériens prendront part à ce tournage comme Larbi Zeghar, Ahmed Benaïssa, Chafia Boudraâ et Mourad Khan. A cet effet, Rachid Bouchareb se trouve depuis quelques jours à Sétif, où seront tournées plusieurs scènes du film consacré à ces tragiques évènements qui ont fait 45 000 morts dans plusieurs régions du pays, notamment à Sétif, Guelma et Kherrata. Pas moins de 100 personnes ont été sélectionnées pour figurer dans cette œuvre cinématographique dont les scènes seront tournées dans plusieurs lieux de la capitale des Hauts-Plateaux choisis avec un grand soin par l’équipe du cinéaste franco- algérien. Par ailleurs, on apprend que d’autres scènes du long métrage seront tournées en Tunisie où un décor représentant la rue principale de Sétif a été construit pour la circonstance, en Allemagne, en France, en Belgique et au siège des Nations unies, à New York. L’avant-première de ce long métrage franco-algérien aura lieu à Sétif, le 8 mai 2010, à l’occasion de la célébration du 65e anniversaire des massacres du 8 Mai 1945. «Ça sera une avant-première populaire avec l’installation d’écran géant. Le film débutera à Sétif et se terminera aussi à Sétif», nous a affirmé Rachid Bouchareb. Notons que le budget alloué à cette œuvre, d’une durée de 2 heures 30 minutes, est de l’ordre de 19,5 millions d’euros, soit 27 millions de dollars, provenant en grande partie d’Europe (15 millions d’euros) avec le partenariat de France2, France3, Canal+ et studio Canal+. Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika et la ministre de la Culture, Khalida Toumi, ont promis pour leur part une contribution de l’Algérie pour la réalisation de ce chef-d’œuvre cinématographique. «Ce film n’est pas un ouvrage historique mais une œuvre cinématographique afin de rétablir une vérité. Je vais raconter l’histoire tout en lui donnant une dimension universelle. Hors-la-loisera aussi une production cinématographique et artistique de qualité», a tenu à affirmer M. Bouchareb Notons à la fin que Rachid Bouchareb entamera après ce film une autre production sous forme de trilogie retraçant les relations entre les Etats-Unis d’Amérique et le monde musulman. «A travers cette trilogie, je vais traiter à ma manière la relation entre les Etats- Unis et le monde musulman. Deux des trois scénarios sont déjà écrits. Le tournage se fera aux Etats- Unis pour les deux premiers films et au Moyen- Orient pour le dernier», conclut le réalisateur franco- algérien.
Imed Sellami

Nombre de lectures :

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable