Oui à un 3e mandat ! Oui à un mandat à vie !
Pour Saâdane !
Oui ! Oui ! Je sais, les klaxons, c’est magnifique ! Les belles Algériennes
chantant et dansant à travers les toits des voitures, c’est à couper le
souffle. Les enfants, le front et la tête sanglés dans des bandanas aux
couleurs de l’Algérie, c’est un ravissement. Mais, permettez à l’oiseau
de mauvais augure que je suis d’oser un «étonnement ébahi» au beau milieu
de ce concerto de klaxons et de youyous. Il m’a semblé entendre certains
s’interroger sur le fait que l’attaque contre les gendarmes de Bordj ait duré
plus d’une heure avant que les renforts n’arrivent. D’autres étonnés se
sont étonnés à haute voix ébahie, se demandant comment un tel massacre a pu
se produire. Et d’autres, enfin, en sont presque arrivés à crier à la négligence
coupable des forces de sécurité. Ben mince, alors ! C’est l’autre qui relâche
les tueurs, et ce sont les bidasses qu’on accable ! Faut l’faire ! Oui ! Oui
! Je sais, les klaxons, c’est magnifique ! Les belles Algériennes chantant et
dansant à travers les toits des voitures, c’est à couper le souffle. Mais
permettez-moi, entre deux «One, two, three», de dire tout mon étonnement de
lire un communiqué de Belkhadem condamnant l’attaque de Bordj, s’inclinant
à la mémoire des gendarmes morts et affirmer son soutien indéfectible et
continu à la politique de réconciliation. Non M’sieur ! Pas vous ! Surtout
pas vous ! Ni vous, ni personne ne peut venir aujourd’hui encore chanter dans
les cimetières où reposent les gendarmes martyrs la chanson de l’amnistie réconciliatrice.
Silence ! C’est un minimum qui vous est demandé, en attendant qu’une république
retrouvée exige de vous plus que le silence. Des comptes ! Oui ! Oui ! Je sais,
les klaxons, c’est magnifique ! Les belles Algériennes chantant et dansant à
travers les toits des voitures, c’est à couper le souffle. Les enfants, le
front et la tête sanglés dans des bandanas aux couleurs de l’Algérie,
c’est un ravissement. Mais, entre deux klaxons, un 2 à 0, une Afrique du Sud
un peu plus proche, osons enfin ce cri libérateur : «One, two, three, à mort
la réconciliation !» Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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