Culture : ALGER, UN LIEU, UNE HISTOIRE
Musée du Bardo


Visiter le Musée national du Bardo est un pur enchantement. La cour, son jardin, ses vestiges préhistoriques, ses collections, ses arcades de galeries, ses reconstitutions d’intérieurs algérois du XIXe siècle et l’exposition du squelette de la légendaire Tin Hinan, la reine du Hoggar vous replongeront dans l’histoire de l’Algérie depuis la période préhistorique jusqu’au XXe siècle.
Prévoyez deux heures de temps, des chaussures plates et hop ! Direction le 3, rue Franklin- Roosevelt pour cette visite enrichissante. Une partie du musée est actuellement en travaux.

Du premier propriétaire aux mains de l’administration coloniale française
Le palais du Bardo date du XVIIe siècle. Cette villa de style ottoman aurait été bâtie par le prince Mustapha Ben Omar, noble tunisien durant son exil à Alger. Un siècle environ après sa construction, le palais fut acquis par Ali Bey, l’agha de Biskra qui y aménagea un jardin luxuriant. Ali Bey le revendit à M. Joret, lequel lui fit subir de nombreuses transformations. Il y reçut entre autres le musicien Camille Saint Saëns. Acquise par la France en 1926, cette villa ottomane fut transformée en musée de préhistoire et d’ethnographie africaine, inauguré en 1930, année du centenaire de la colonisation française. La villa abrite des collections d’ethnographie, de préhistoire et d’anthropologie culturelle : une belle collection d’objets de l’artisanat traditionnel et de vestiges préhistoriques, des reproductions d’intérieurs algérois du XIXe siècle (salon, chambre, costumes, poteries, instruments de musique…).
L’homme de Ternifitine
: (préhistoire)
Les salles consacrées à la préhistoire témoignent des fouilles effectuées en Algérie. Elles attestent que l’implantation humaine dans notre pays remonte à 500 000 ans avant J.-C., époque de la civilisation de l’homme de Ternifitine dont le squelette a été trouvé dans la région de Mascara à la suite de fouilles entreprises entre 1954 et 1956 par le professeur C. Arambourg.
La protohistoire

La protohistoire de l’Afrique du Nord est signalée par des céramiques, des poteries et des anneaux de bronze provenant de monuments funéraires (dolmens de Beni Messous, Tiddis, Bou Nouara…), la protohistoire saharienne par des dalles gravées de peintres découvertes à Djorf Torba (Béchar) ainsi que du squelette de la reine Tin Hinan.
Tin Hinan, la reine du Hoggar
Elle serait à l’origine de la lignée des Touareg. Le squelette de cette reine légendaire fut découvert en 1926 dans la nécropole d’Abalessa, à l’ouest de Tamanrasset à la suite de fouilles franco-américaines menées par Maurice Reygasse et le conte Byron Prorok. Crane, fémur, cubitus, phalanges… le squelette de la reine du Hoggar a été reconstitué et mis sous verre. Le mobilier funéraire d’une grande richesse (bijoux d’or, d’argent et de pierres colorées) trouvé dans le tumulus est exposé dans une vitrine voisine. Des pièces de monnaie du temps de Constantin et une lampe romaine du IIIe siècle avaient étaient découvertes en même temps.
Ethnographie urbaine : les femmes d’Alger dans leur appartement

La cour dallée de marbre à laquelle on accède par un escalier plaqué de faïence est agrémentée d’une vasque et d’un bassin. Dans cette aile du musée se trouvent plusieurs salles : un café maure, une salle voûtée où sont exposés des fusils ornementés, des sabres, des selles brodées… Un escalier mène à l’étage supérieur. Un autre conduit aux chambres hautes et au hammam dont la chaufferie, située en dessous, servait également de four à pain. Le patio intérieur surmonté d’une coupole octogonale s’ouvre sur plusieurs salles. Dans l’une d’elles, on peut admirer une belle reconstitution d’un intérieur algérois vers 1830 inspiré du célèbre tableau de Delacroix : Les femmes d’Alger dans leur appartement, tableau se trouvant au musée du Louvres à Paris. Deux femmes y reçoivent une amie pour un café l’après-midi. Admirez le mobilier : le lit à colonnes, les coffres sculptés ou incrustés de nacre, les divans, le berceau…
Ethnographie saharienne : au cœur du Hoggar

Une autre salle dans la partie supérieure du musée donnant sur le palais du peuple est dédiée aux collections sahariennes, plus particulièrement celles du Hoggar : cuirs brodés, selles et palanquins, boucliers, sacoches, vêtements, armes, instruments à musique…
Sabrinal
sabrinal_lesoir@yahoo.fr

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