Vox populi : On achève bien nos jeunes…

Les années passent et se ressemblent pour le système scolaire, bel et bien en faillite. Les exclus des bancs de l’école augmentent d’année en année, comme en témoignent tous ces jeunes, livrés, dès l’âge de 16 ans, à la rue et à tous les dangers.
A cet âge-là, les dangers sont nombreux, de la petite délinquance à ce qu’il y a de pire, comme le terrorisme et la drogue, et en passant par el harga vers des lieux plus cléments. Les étrangers, de passage dans notre pays, ne manquent pas de s’exclamer, étonnés par cette nuée de jeunes garçons qui traînent dans les rues et dans les marchés, pour vendre n’importe quoi afin de se faire un petit pécule ou aider à nourrir la progéniture de leurs parents. «Ils font tous l’école buissonnière ?» se demandent ces mêmes étrangers. Si, au moins, c’était cela, ai-je envie de répondre. Mais va-t-on leur dire que ce sont les sinistrés de l’école du même et éternel responsable de l’éducation, depuis tant d’années, et des «boulitiques» à l’algérienne. L’histoire de la destruction de l’enseignement, qui a même créé des diplômés, presque, analphabètes, mériterait de longues pages. Aujourd’hui, je veux seulement parler de tous ces jeunes garçons qui «tiennent» les murs, exclus de l’école, du fait d’un système scolaire abêtissant, ou qui quittent ses bancs pour trouver un travail, nécessité oblige. On nous dit que les garçons ne sont pas sérieux à l’école et qu’il n’y a plus que les filles qui travaillent comme le montrent les résultats aux examens. Mais s’est-on interrogé pourquoi ? Ce n’est certainement pas le sieur indéboulonnable de l'éducation ou ses collaborateurs qui s’y intéresseront. Je me rappelle que quelqu’un avait écrit : «Les filles obtiennent les meilleurs résultats parce que leurs camarades de la gent masculine commencent tôt par désespérer en remarquant que l’horizon est complètement bouché d’une part et que les postes de travail ne sont jamais offerts aux compétences mais à ceux qui ont les bras longs ou la bourse bien pleine.» Cette personne a-t-elle tort ? Un autre avait dit, toujours avec raison : «Dans certaines entreprises et institutions, telles que la Sonatrach, la Sonelgaz, les Wilayas, les Douanes, la Police, etc, les postes se transmettent par héritage !» Cela est bien vrai aussi, nous sommes dans un pays où les compétences et les qualifications ne comptent pas et ce sont le piston, le népotisme, la corruption et le régionalisme qui font loi. S’ils savent, dès le départ, qu’ils sont condamnés au chômage, la motivation d’étudier est, évidemment, moindre d’autant plus que dans cette école, l’élève est livré à lui-même. Voilà à quoi sont vouées les forces vives de notre pays, largement majoritaires par le nombre mais tellement minoritaires quand il s’agit de droits et bien encore moins pour les privilèges. Dans leur quartier huppé, derrière le joli mur d'enceinte de leur villa cossue, ceux qui ont leurs enfants à l’étranger ou dans des écoles privées n’ont pas de vue sur ce monde, dont je parle,… il n’existe pas.
B. Mohamed

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