Lundi 29 juin 2009
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Actualités : RELATIONS PRESSE-JUSTICE
Le SNMA tente la réflexion


Relations justice-presse : voilà une problématique assez problématique que le Syndicat national des magistrats algériens (SNMA) a choisi de soumettre à la réflexion des magistrats membres du groupe régional Afrique de l’Union internationale des magistrats (UIM) qui tient, depuis hier, au niveau de la Cour suprême, sa quatorzième réunion.
Sofiane Aït-Iflis - Alger (Le Soir) - Dommage que cette problématique soumise à débat ne sert que d’ameublement à la réunion plutôt organique du groupe Afrique de l’Union internationale des magistrats. En effet, la quatorzième réunion du groupe Afrique de l’UIM est fondamentalement consacrée à des questions organiques, telles que l’élaboration des statuts et règlement intérieur, le paiement des cotisations mais surtout l’adhésion de cette entité associative à l’Union africaine en qualité d’observateur. C’est le vif de la réunion. Le reste, c’est-à-dire les dissertations pédagogiques autour de la relation justice-presse, sert d’ameublement aux deux journées retenues pour la rencontre. D’ailleurs, le débat envisagé sera, à coup sûr, a sens unique, tant les médias les plus à même d’apporter la contradiction ne sont pas conviés à cet échange. Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, invité à la cérémonie d’ouverture des travaux de la réunion, Tayeb Belaïz, a, dans son intervention, focalisé beaucoup plus sur les attendus de la rencontre en termes de tissage de liens entre magistrats africains que sur la problématique posée en appoint, en l’occurrence la relation justice-presse. Tout ce que le ministre a consenti comme référence à l’objet secondaire de la rencontre est que «la justice et la presse sont complémentaires dans la recherche de la vérité, en dépit des interactions», Pour le ministre, il appartient à chaque partie de comprendre les obligations de l’autre. En termes de définition, il n’y a pas plus convenable. Reste que dans la pratique, le vœu est difficilement concrétisable, traduisible. Une difficulté qu’a situé fort bien la présidente du groupe Afrique de l’UIM, Mme Fatoumata Diakité, qui, elle, a posé les termes de l’équation à résoudre : «Autant la procédure judiciaire doit se dérouler à l’abri des regards, autant la presse doit chercher l’information et la diffuser. » Selon Fatoumata Diakité, c’est la question à laquelle il faille répondre. Une question qui, à l’évidence, n’échappe pas au président du SNMA, Djamel Laïdouni, mais qu’il prend de travers en proposant un cadrage de la relation presse-justice. Un cadrage qu’il a expliqué par une formation accrue des journalistes. Comme si dans ce binôme presse-justice, la faute incombe toujours à la presse. Or, d’aucuns savent qu’en matière de communication, les magistrats ne sont pas exempts de reproches. Les journalistes présents à la rencontre, invités au pied levé à débattre de la problématique, alors qu’ils auraient dû faire l’objet d’une sollicitation en tant qu’intervenants, n’ont pas manqué de rappeler à Laïdouni l’impossibilité d’accès aux sources de l’information, notamment s’agissant du secteur de la justice.
S. A. I.

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