Sports : HANDBALL
FILAH BELKACEM (ARRIÈRE GAUCHE DU PARIS HANDBALL) :
«Les bons résultats sont tributaires des moyens»


Rencontré d’une manière informelle au siège de la FAHB, Filah Belkacem, qui représente une valeur sûre du handball algérien, revient dans cette interview sur sa carrière, l’équipe nationale et la compétition nationale. Lecture
Le Soir d’Algérie : Alors Monsieur Filah, vous êtes en vacances ?
Filah Belkacem :
Effectivement, je suis en vacances et j’en profite pour retrouver ma famille et mes amis, entre autres Habib Labane. Que devenez-vous sur le plan sportif ? Comme vous le savez, j’évolue au sein de l’équipe du Paris handball de D1 du championnat français depuis 2005, année de mon départ d’Algérie. Je me suis adapté à mon nouvel environnement et la saison s’est très bien déroulée. Mon équipe a toujours été parmi les meilleures formations françaises, jouant les premiers rôles en championnat, participant à la Champions league européenne en 2005 et 2007. Malheureusement, en novembre 2008, une méchante blessure, subie lors d’un stage avec l’équipe nationale algérienne, m’a occasionné un arrêt compétitif.
Soyez plus explicite.

Ce regroupement, effectué après le mois de Ramadan, est intervenu au lendemain d’une série de rencontres éreintantes du championnat. Ce n’était pas prévu que j’y participe, mais j’ai effectué ce stage sur insistance de la FAHB, après l’arrivée de Akkeb comme entraîneur national. Nous avons pris part au tournoi du Qatar, où j’ai contracté une blessure (ligaments croisés) lors de mon premier match. Le diagnostic effectué sur place n’a rien révélé mais les examens approfondis, réalisés à Paris, m’ont complètement abattu car j’ai appris que c’était une blessure aux ligaments croisés.
Mais pourquoi étiez-vous, à ce point, abattu ?

Pour ma première année comme professionnel j’étais sur une courbe ascendante avec deux distinctions, à savoir le trophée de deuxième meilleur joueur de France et celui de deuxième meilleur arrière-gauche de France. Pour retrouver ma forme optimale, j’ai patienté neuf mois, entre l’opération chirurgicale subie le 24 novembre 2007 et mon retour aux entraînements, au mois de juillet 2008.
Et votre retour s’est effectué quand ?

J’ai repris les entraînements en novembre dernier pour préparer et disputer le championnat d’Afrique des nations de janvier 2008 en Angola. Le mois d’après, j’ai repris la compétition en France avec mon club. Mais la malchance m’a poursuivi puisque j’ai rechuté, lors d’un match disputé le 8 mars, avec une blessure aux ligaments. Cette période a été difficile à supporter et j’avais, même, envisagé d’arrêter ma carrière sportive. Heureusement que l’opération et la rééducation effectuées à Paris ont été un succès. Ça m’a réconforté de rejouer au handball au début du mois de décembre de la même année, malgré les neuf mois de convalescence. Ma reprise était timide et progressive, puisque je ne jouais qu’une dizaine de minutes lors des trois matches livrés. Cette situation m’a empêché de rejoindre l’équipe nationale au championnat du monde 2009, en Croatie. Il est vrai qu’à cette période je n’étais pas prêt, physiquement, et je ne voulais pas prendre de risque. Aussi, j’ai voulu reprendre des forces pour apporter un plus à l’équipe nationale. Dieu merci, j’ai totalement recouvré mes capacités physiques et techniques dès janvier 2009. Actuellement, alors que je me sens capable de rejoindre l’équipe nationale pour préparer et disputer le tournoi des Jeux méditerranéens, la situation de mon équipe dans le championnat français m’a contraint à déclarer, la mort dans l’âme, forfait. Les responsables de la FAHB ont compris ma position.
Mais que se passe-t-il donc à Paris HB ?

Tout d’abord, l’équipe du Paris Handball, à laquelle je suis encore lié par contrat pour la saison prochaine, représente une deuxième famille pour moi. Pour l’histoire, je suis le premier Algérien, et le deuxième joueur arabe, après un Egyptien, à y avoir évolué. Dans les moments difficiles, les dirigeants de ce club m’ont soutenu et gardé dans l’effectif alors que je ne jouais pas. Ils m’ont fait confiance, en me demandant de prolonger mon contrat. Malgré les propositions reçues, je suis encore au Paris HB car les dirigeants ont placé la barre financière très haut, mais la situation sportive critique du club ne me permet pas de prolonger mon contrat. J’avoue que jouer pour le maintien n’est pas un challenge sportif pour moi. Il faut dire que l’arrivée d’Olivier Girault, un coach inexpérimenté, car débutant sa carrière, n’a pas été bénéfique à mon équipe, qui se retrouve reléguée en D2. L’équipe du Paris Handball, comme celle du Mouloudia d’Alger, n’est guère estimée là où elle se produit. Aussi, je me suis habitué. Sur le plan sportif, mon équipe, qui est la seule de Paris, pourrait être repêchée car d’autres formations seraient sanctionnées à cause de leur situation financière déficitaire.
Revenons à notre équipe nationale, quel est votre regard ?
Je souhaite, de tout cœur, que le nouvel entraîneur apporte le plus attendu. Pour la petite histoire, Salah Bouchekriou qui m’a convoqué en équipe nationale. C’était en 2000 pour préparer le Mondial 2001 en France. Aussi, je ne me sens pas dépaysé. L’effectif compte de très bons joueurs, pour ne pas dire exceptionnels. Il y a aussi de jeunes joueurs qui progressent rapidement. Mais, pour réussir, il faut assurer une stabilité à cette équipe et un travail continu et soutenu. Il faut dire que le handball est le deuxième sport, après le football, à être le plus titré à l’étranger. Malheureusement, les moyens ne suivent pas pour que la FAHB puisse activer davantage et mettre les joueurs dans de bonnes conditions de travail. Cependant, sans des moyens conséquents, le handball algérien reste bien représenté à l’étranger. Sur le plan des moyens financiers et matériels, nous ne pouvons pas nous comparer aux Tunisiens et aux Egyptiens car nous sommes largement défavorisés.
Justement, quelle est votre appréciation de la participation des Verts à ce Mondial ?

Il est vrai que nous ne pouvions battre les Russes, ou les Allemands mais, dans certaines rencontres, les Verts ont démontré de bonnes dispositions et qu’ils pouvaient faire mieux. Sans grands moyens, nous n’avons pas été ridicules. Au deuxième tour, la prestation de mes coéquipiers a été honorable et encourageante. Aussi, les jeunes joueurs incorporés nous donnent l'espoir d'un handball algérien performant à l'avenir.
Au fait, est-ce que vous avez gardé le contact avec la compétition nationale ?

Pour ne pas vous mentir, je dirai que le championnat national reste le même que celui que je disputais quand j’étais en Algérie. Vu le manque de moyens financiers les meilleurs joueurs en Algérie ont, de tout temps, opté pour le MCA, actuellement le GSP. Aussi, cette formation domine allégrement les autres équipes, évoluant avec des ensembles rajeunis et inexpérimentés. Pour preuve, le GSP a largement dominé et le HBCEB et la JSE Skikda lors des finales du Championnat et de la Coupe. Quand il y a de grands écarts de score dans de pareilles rencontres, c’est anormal.
Alors, nous retrouverons Filah bientôt en équipe nationale ?

C’est sûr. A ma place, un autre joueur ne serait plus revenu en équipe nationale à cause des multiples blessures contractées. Mais, je ne peux tourner le dos à l’équipe nationale. Pour moi c’est une obligation car, sans elle, je ne serais pas en train de jouer à l’étranger. Mon absence au Mondial de Croatie est due à des impondérables. Concernant le tournoi des Jeux méditerranéens de Pescara, il est d’un niveau mondial pour espérer le remporter. Donc, il représente une opportunité d’avoir des matches de haut niveau avec notre nouvel entraîneur. Ils nous permettront de préparer le championnat d’Afrique de 2010.
Propos recueillis par Ouahid Karimi



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