Je comprends que des chômeurs, des jeunes en proie à la mal-vie, en soient réduits à courir derrière le rêve de l’eldorado européen ! Je comprends ces quinquagénaires qui veulent aller là où l’on
reconnaîtra leur vraie valeur et qui tentent, pour cela, l’incroyable
aventure de la harga !
Je comprends ces médecins qui achètent une place dans les barques de la
mort pour aller faire soignants ou aidesoignants dans un pays «normal» !
Je comprends ces footballeurs, ces femmes, ces Algériens de tous bords
et de tous les horizons, qui peuplent les rivages de l’espoir…
Mais, dites-moi, s’il vous plaît, dites-moi ce que fait un môme de 14
ans dans l’embarcation qui voguait, l’autre jour, vers la Sardaigne ?
Pourquoi, à cet âge là, vouloir quitter son pays ?
Un pays que fuient même ses enfants de 14 ans est un pays qui a son
avenir derrière lui. Un jour, même les bébés qui viendront au monde
seront miraculeusement dotés de la parole pour crier : «Harga ! Harga !
Harga !»
Ils auront compris, déjà, ce qui les attend !
farahmaamar@ymail.com
«La force et la faiblesse des dictateurs est d'avoir fait un pacte avec
le désespoir des peuples.»
Bernanos (Georges)
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