Sports : FOOTBALL
KAMEL KACI-SAÏD (ENTRAÎNEUR DE L’EN MILITAIRE) :
«Avec Rebrab, le RCK aurait pu devenir un grand club»


A peine reconverti à la fonction d’entraîneur à la tête de l’EN militaire, Kamel Kaci-Saïd a réussi une belle performance en décrochant une deuxième place en Coupe d’Afrique.
Aujourd’hui, il prépare sérieusement les prochaines échéances, les Jeux africains et surtout… la Coupe du monde. Voici «le commandant» Kaci-Saïd au rapport.

Le Soir d’Algérie : Pour une première expérience comme entraîneur à la tête de l’EN militaire, vous vous en êtes bien tiré. Une explication à cette réussite ?
Kamel Kaci-Saïd :
Vous savez, j'avais ma propre méthode. Quand le général Meguedad m’avait sollicité pour prendre en main l’équipe nationale je n’ai pas hésité mais j’ai commencé d’abord par faire une large prospection en supervisant pas moins de quatre-vingt-dix joueurs.
Y avait-il des joueurs de la première division parmi eux ?

Non, seuls quatre éléments évoluaient parmi l’élite, le reste provient des divisions inférieures. Finalement, on a retenu un effectif de trente joueurs avec lequel on a travaillé pendant plus d’une année, et lorsqu’on devait affronter nos adversaires dans le cadre de la Coupe d’Afrique, la sélection était fin prête, surtout grâce aux matches de préparation.
Et les rencontres ont été nombreuses ?

Oui, nous avons disputé dix-sept rencontres amicales, uniquement face à des clubs de première division, et ce qui nous a permis de travailler la cohésion et la solidarité d’autant que la moyenne d’âge de la sélection est de vingt ans. Le fait de battre la JSK, l’USMA et le MCA nous avait prouvé que nous avions une formation compétitive.
Considérez-vous que la deuxième place en Coupe d’Afrique est un objectif atteint ?

Oui, parce que l’objectif de départ était de monter sur le podium. Bon, on aurait bien voulu remporter le titre, mais comme finaliste c’était déjà pas mal. Par ailleurs, grâce à ce bon parcours, des joueurs qui évoluaient en troisième division se retrouvent aujourd’hui dans des formations de l’élite, et cela est aussi une grande satisfaction.
En principe, cela devrait être le contraire. Les sélections doivent être l'émanation des championnats.

Oui, mais là il s’agit de la sélection militaire qui intègre des jeunes qui proviennent de toutes les régions et de toutes les compétitions.
Et en finale, vous perdez contre le Cameroun, qui est vraiment la bête noire du football algérien ?
Mais il faut savoir que la sélection camerounaise était aussi constituée de joueurs civils. La meilleure preuve c’est que son capitaine, un certain Song, a atterri à l’USM Blida comme libéro.
Ce n’est pas un argument très convaincant.

J’ajouterai que les Camerounais étaient à leur deuxième finale, alors que mes joueurs découvraient cette compétition. Nous avions, donc, un manque d’expérience flagrant et à ce niveau c’est toujours décisif.
Et maintenant ?

On prépare les Jeux africains ainsi que la prochaine coupe du Monde militaire.
Le nom Kaci-Saïd est lié à l'histoire du RCK. Que pensez-vous de la rétrogradation du club koubéen ?

La saison dernière, après l’action auprès de la Fifa et le gain de cause obtenu par les Koubéens, j’avais déclaré, et vous pouvez le vérifier, que c’était une accession qui ne pouvait qu’engendrer une rétrogradation.
Quelle est votre opinion sur le retrait de Omar Rebrab ?
Je ne sais pas pourquoi il est parti même, s’il a évoqué certains problèmes.
Pensez-vous qu’il aurait dû rester ?

Oui, parce qu’il était porteur d’un projet professionnel, et avec lui le RCK aurait pu devenir l’exemple à suivre par toutes les autres formations algériennes. Il aurait pu en faire un grand club parce qu’il avait des idées et les moyens. Dommage !
Mais quand votre frère Mohamed a pris en main le RCK en cours de saison, vous ne lui avez pas conseillé d’y renoncer ?

Si, parce que je savais que l’issue fatale de la rétrogradation se profilait à l’horizon, mais Mohamed m’a juste répondu que «Kouba a besoin de moi et je ne peux pas le laisser tomber».
Finalement, le RCK est tombé…

Oui, mais Mohamed a du sang koubéen et il ne renoncera jamais à aider le RCK quelles que soient les circonstances.
Cela ne vous dirait pas d’être un jour le président du RCK ?
Non ! pas du tout. Ma vocation c’est d’être entraîneur et seul le côté technique m’intéresse. Je n’ai pas les qualités d’un bon gestionnaire pour prétendre à un poste de président. Je suis bien dans mon rôle de coach de la sélection militaire et je profite de l’occasion pour remercier le général Meguedad pour toute l’aide qu’il nous apporte.
Propos recueillis par H. B.





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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2009/07/05/article.php?sid=85412&cid=5