Société : CONSTANTINE
Il est loin le temps des grandes évasions estivales


En l’absence d’infrastructures touristiques et autres piscines ou parcs d’attractions, les moins nantis parmi les Constantinois prendront leur mal en patience cet été.
Cherté de la vie oblige, ils devront se contenter de quelques rares escapades vers les plages de Skikda, Jijel, Annaba ou encore El- Kala. La ruée vers les camps de vacances, très prisés par les Constantinois jadis, a vécu, cédant la place à une nouvelle génération de vacanciers, plus aisés ceux-là et qui ne jurent que par la destination tunisienne. Nombreux sont ceux qui imputent la défection annoncée quant aux grands départs pour des vacances au fait que le Ramadan intervient cette année presque à la mi-août, en pleine saison estivale, juste avant les rentrées sociale et scolaire. Et c’est à cette prévision que les chefs de famille pensent le plus. «Nous partirons peut-être, l’espace d’un week-end, à la plage de Skikda pour ne pas léser les enfants», affirme un père de famille. Jadis, les Constantinois avait tendance à opter pour les campings sur la côte jijelienne et à Collo surtout. La décennie noire est venue à bout de tous ces endroits où les terroristes ont élu domicile. Et même si le rétablissement relatif de la sécurité dans ces zones a quelque peu redonné espoir aux candidats à ces destinations, la qualité des services offerts par les établissements hôteliers existants est obsolète, au moment où les tarifs des séjours sont exorbitants. C’est pourquoi les Constantinois qui tiennent encore à leurs vacances préfèrent plutôt louer des appartements ou des villas à mi-chemin entre la grande bleue et les centres urbains. Les plus aisés ont, par contre, déjà commencé à se rapprocher des agences de voyages en prévision, justement, des vacances. De quoi aiguiser l’appétit de ces derniers, qui estiment tout de même que la tendance est à la hausse s’agissant des réservations en cette période précisément. «Les Algériens ne s’y prennent d’habitude que tardivement. Cette année, la haute saison estivale des Algériens commencera vers la fin du mois de juin, l’avènement du mois de carême (la dernière semaine d’août) raccourcissant un peu la saison », explique une préposée au guichet de l’agence de voyage et de tourisme de l’EGT-Est, une entreprise publique de prestation touristique. Pour les destinations à l’étranger, les tarifs ont augmenté par rapport à l’année passée, contrairement aux prix des produits «locaux» (Collo et Béjaïa pour cette entreprise) qui n’ont pas changé. Selon la majorité des responsables des agences touristiques implantées à Constantine, la Tunisie est une destination de prédilection. «Les Tunisiens ont fait leurs calculs sur cette base de rétrécissement de la saison estivale pour les clients algériens et, à titre d’exemple, les séjours que nous proposions à 18 000 DA/personne lors de la dernière saison coûtent pas moins de 24 000 DA aujourd’hui», ajoutera notre interlocutrice. «C’est à cause de la dévalorisation du dinar algérien par rapport aux devises étrangères. Généralement, les Algériens optent pour la Tunisie pour deux raisons, à savoir les tarifs attractifs et la qualité du service dans ce pays. Pour un séjour moins confortable chez nous, le client devra dépenser une fortune, le double voire plus. Et je crois que le Ramadan ne changera rien à partir du moment où la Tunisie est un pays musulman dont les traditions et les coutumes sont identiques. En tout cas, on ne peut se prononcer dès maintenant puisque les Algériens ont plutôt tendance à se rapprocher des agences à la dernière minute. Rares sont les clients qui effectuent des réservations à l’avance», analysera-t-elle. Un autre professionnel du tourisme pense que pour cause de Ramadan, les habitués des vacances en Tunisie pourront faire des économies cette année puisqu’ils ne payeront pas leurs séjours aux tarifs de la haute saison. «Les capacités d’accueil des pays tels que la Tunisie, le Maroc, la Turquie et l’Egypte sont suffisantes, d’autant plus que les autres clients de ces pays, surtout les Européens, touchés par la crise économique, ne vont pas changer leurs dates en fonction du Ramadan et donc, les prix n’augmenteront pas. Au contraire, les Algériens qui avanceront leurs départs bénéficieront des prix de la moyenne saison », rassurera-t-il. Il notera, enfin, que ces clients, de la classe moyenne en particulier, ont tendance, d’année en année, à devenir «prévoyants» en termes d’inscription pour les départs en vacances et essayent de plus en plus de faire des réservations à l’avance. Propos d’un gérant d’une agence qui a pignon sur rue, assuré d’un certain flux mais qui ne saurait occulter le fait qu’une majorité de Constantinois issus de cette même classe dite moyenne, attendront des jours meilleurs.
L. H.

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