
Sports : FOOTBALL ALORS QUE LA FAF POURSUIT SES FORMATIONS D’ENTRAÎNEURS L’Acefoot appelle à l’arbitrage du MJS
La Fédération algérienne de football est-elle vraiment cette «république» dont le fonctionnement échappe à la vraie et seule République ? La question est d’actualité et mérite d’être posée à la lumière des
derniers développements induits par la directive FIFA appelant les
confédérations, et bien sûr leurs associations respectives, à suivre les
nouvelles démarches pour l’accréditation, la mise en place et
l’attribution des diplômes et autres grades aux techniciens chargés de
la pratique footballistique. Des directives contenues dans des
communiqués publiés par les trois structures (FIFA, CAF et FAF) et à
travers lesquelles il est question d’uniformiser les licences suivant le
niveau d’instruction de chaque candidat. Sauf qu’en Algérie, et
contrairement à un certain nombre de pays où les instances dirigeantes
locales ont mis en branle cette «ordonnance », des résistances sont
apparues, principalement de la part des entraîneurs ayant le grade de
conseiller en sport, DES (doctorat d’éducation sportive) et même des TSS.
Des techniciens, cadres du sport formés au sein des écoles algériennes
spécialisées, qui revendiquent simplement une «saine lecture» de la
directive FIFA répercutée par la Confédération africaine de football sur
son site (Cafonline.com). La pétition qui circule dans les milieux
concernés réclame, en effet, que la Fédération algérienne mette en avant
la conformité des formations en direction de techniciens sortis droit
des écoles d’Etat. Celleslà mêmes que l’instance de Sepp Blatter
reconnaît comme étant une garantie suffisante pour la reconnaissance des
statuts de chaque postulant au grade d’entraîneur de niveau A. Qu’en
est-il de cette pétition signée par des centaines de cadres sportifs
algériens en exercice ? «Dans un souci de mise en conformité avec les
instructions de la FIFA et la CAF, la Fédération algérienne serait prête
à bafouer les lois de la République. A travers son département formation
(le terme semble bien demeuré), la FAF va lancer une série de formations
visant à régulariser les entraîneurs algériens, pour la mise en place
d’un système de classification par licence A, B et C. Une mise à niveau
ordonnée par la FIFA, via la CAF et les autres confédérations, afin de
professionnaliser l’ensemble des championnats d’élite avant 2011.
Néanmoins, dans toutes ses directives, la plus haute instance du
sportroi recommande le respect de la législation du pays concerné. Or,
la démarche de la Fédération algérienne, qui, certes, est en parfaite
harmonie avec la vision de la FIFA et la CAF, est loin d’être en
conformité avec les textes du MJS, qui stipulent que toute formation ou
diplôme, dans le domaine, doivent être légalisés et validés par le
ministère. Par ailleurs, ledit département de la FAF semble, par cette
démarche, remettre en cause les formations et les diplômes de l’Institut
supérieur algérien des sciences et des technologies du sport, qui est
unique en son genre en Afrique. Alors que les statuts de l’ISTS
mentionnent que cet institut est spécialisé dans la formation des
entraîneurs de haut niveau pour les différentes disciplines, la FAF
semble vouloir bloquer les cadres diplômés de l’ISTS. Celle-ci leur
impose une série de stages de formation et de mise à niveau où les
conseillers (5 ans de formation), les techniciens supérieurs (3 ans de
formation) et les 3es degrés (12 semaines de formation espacées) se
verraient obtenir la-dite licence B, que nos voisins tunisiens décernent
au diplômé de 2e degré. Ceci afin d’avoir le droit d’entraîner, ce que
les lois de la République leur permettent d’office. L’aberration et le
nonsens est que même les cadres titulaires de magistère ou de doctorat,
qui entraînent en D1 déjà, à l’image du coach du CABBA, Yaïche, doivent
se soumettre à cette démarche. Si ces mesures sont maintenues, la FAF,
avec des formations plus légères qui ne demandent pas beaucoup
d’investissement (temps, capacités, moyens) risquent de faire de l’ombre
à l’ISTS dans ce domaine». Fin de citation. La FAF veut-elle faire plus
beau que la nature ? Assurément, si l’on se réfère au processus engagé
depuis quelques semaines. Les signataires de la pétition qui se sont,
par ailleurs, constitués en association (Acefoot) en sont, en tout cas,
certains que la Fédération algérienne veut plaire à certains. «Nous ne
sommes pas contre le fait que d’anciens internationaux soient intégrés
dans le circuit. Nous ne revendiquons que la reconnaissance de nos
diplômes d’Etat», nous dira l’un des entraîneurs.
«La FIFA fait référence à la spécificité de chaque pays, pas la FAF»
Ce programme de formation lancé sous l’égide de la CAF vise,
d’abord, la promotion des repères en matière d’entraînement. Les
titulaires de ces diplômes au niveau continental se verront accorder une
reconnaissance à l’échelle mondiale. «Le système de licence d’entraîneur
de la CAF va servir de plateforme pour évaluer les entraîneurs et
introduire plus de professionnalisme dans le secteur afin d’atteindre
des standards professionnels et homogènes», estimait récemment le site
de la Confédération africaine par la voix d’un de ses responsables du
département de la formation. Ce dernier précise que «le rôle des
formateurs dans chaque fédération sera crucial pour assurer la
coordination des formations et le lien entre les différents départements
techniques et la CAF». De l’avis du directeur du développement du
football à la CAF, l’Egyptien Abdel Moneïm Husseïn, «dans un futur très
proche, le titulaire d’une licence d’entraîneur devra remplir un cahier
des charges très strict édicté par la Confédération et aura plusieurs
opportunités professionnelles ». Pour l’Acefoot, «le système commence à
la base avec des licences C, puis B, enfin A, alors que pour la FAF, on
s’arrête au niveau de la licence B. Pourquoi, personne ne pouvait
répondre à nos interrogations. Même le responsable du département de la
formation du MJS nous ignore. Lors d’une récente audience, il nous a
répondu que la FAF est une république dans la république et que son
département n’y peut rien. Le chef du cabinet du ministre a eu une
réponse encore plus ambiguë quand nous l’avons interpellé. Il nous
demandera de ne pas perturber l’EN qui était en train de disputer les
qualifications du Mondial-2010. En quoi notre cas dérangerait la
sérénité de la sélection ?» dira un autre membre de l’association,
dégoûté par tant de mépris. «Pourtant, fera savoir notre interlocuteur,
la FIFA a proposé d’accepter sans réserve les spécificités de chaque
pays en termes de formation. Un diplôme d’Etat n’est pas le fruit du
hasard. C’est un programme qui obéit à des standards internationaux en
termes de formation et je ne vois pas comment la FAF se réserve le droit
de classer quelqu’un qui a fait 4 000 heures d’études dans la catégorie
C», se lamente-t-il. Voilà une affaire qui met un bémol au discours
officiel qui fait l’éloge de la qualité de la formation des universités
algériennes alors que la réalité du terrain est autre. La FAF, qui a
décrié les ingérences des pouvoirs publics lors de la promulgation du
décret exécutif 405/04, serait-elle devenue cette «puissance» capable de
mettre au pas une loi de la République qui consacre le degré de
technicité des encadrements sportifs formés par les écoles, instituts et
universités du pays ?
M. B.
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