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Un été algérien (8)


Je t’écris pour te raconter ce qui nous arrive au pays d’un million et demi de chouhada. Un gars fait le guet, l’autre ouvre doucement le portail en jetant des coups d’œil furtifs à gauche et à droite.
Le chauffeur est prié d’avancer la fourgonnette tout près de l’entrée. Une voiture noire surgit. Tout le monde a peur. On ne sait jamais, ce type patibulaire aux lunettes noires pourrait être un indic.
Je m’approche du garage. Le gars me prie de reculer : «Et si on te prend, ni vu, ni connu !» me lance-t-il d’un air menaçant. Non, Monsieur, je ne dirai rien. Le portefaix d’occasion balance la marchandise dans la malle. Nous le payons.
Et nous filons à toute vitesse !
Il faut faire attention aux policiers, aux gendarmes et aux gardes communaux… Enfin, nous arrivons à destination. C’est la joie ! Nous nous congratulons. Un journaliste, comptant 40 années de métier, en l’occurrence votre serviteur, vient de ramener, en héros, 5 sacs de ciment achetés à 700 DA l’unité !
Et ils osent railler le socialisme ! Votre capitalisme de la pénurie et de l’informel me donne envie de dégueuler !
farahmaamar@ymail.com

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