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L’Algérie va livrer 5 milliards de mètres cubes de
gaz à la France.
Par hélicoptères ?
Ô ! Je ne la sens pas cette université d’été ! Mais vraiment pas. Sous
l’égide de l’hyperactif D. D., le docteur Djamel Ould Abbès, près de 500 membres
de notre diaspora vont être regroupés à Alger. Un demi-millier d’Algériennes et
d’Algériens sont donc conviés à partir de demain à venir constater ici même, en
Algérie, dans le confort douillet des grands palaces algérois, combien nous les
aimons et combien nous comptons sur eux pour nous aider à nous sentir moins
seuls. Si je m’en tiens aux déclarations de D. D., cette université d’été durera
une semaine. Une semaine durant laquelle, je prends le pari dès maintenant, on
écoutera à profusion, jusqu’à l’overdose, ce genre de phrases : «L’Algérie ne
peut se passer de ses enfants ! Tous ses enfants !», «Une seule main ne peut
applaudir ! Et nos mains installées à l’étranger sont les bienvenues dans le
concert d’applaudissements que nous comptons organiser», «Que notre diaspora se
rassure : toutes les conditions nécessaires à sa participation active et
efficace à l’édification du pays seront mises à son entière disposition. Nous
lui faciliterons toutes les démarches et tous les contacts.» «Nos compétences
nationales ont fait leurs preuves à l’étranger de manière éclatante ! Il est
temps qu’elles s’investissent ici, dans leur pays qui ne les a pas oubliées !»
En fait, le même genre de phrases que j’entends depuis qu’enfant de
l’émigration, j’allais aux cours dispensés par la défunte Amicale des Algériens
en Europe, dans une sordide cave de mon quartier parisien de Barbès. C’est là
que, pour la première fois, déjà à l’époque, j’écoutais des profs venus du bled
nous vanter le retour au pays. Ces phrases-là, ces discours-là, je les connais
par cœur. Le verre de thé n’était jamais loin. Les petits gâteaux au miel aussi.
Le drapeau omniprésent. Des numéros de la revue de l’Amicale posés à portée de
nos petites mains. Depuis, il y a eu le retour au bled. Depuis, ces phrases, je
les ai entendues non plus comme émigré, mais comme «local» Et depuis, j’ai
appris à ne plus les écouter avec la même petite flamme au fond des yeux qui
brillaient dans la cave parisienne comme deux lucioles. Parce qu’entre temps,
des générations d’émigrés comme moi, d’Algériennes et d’Algériens installés à
l’étranger, ont été «promenées», «baladées», «bernées», «bluffées» et
littéralement mystifiées par ce genre de regroupements, de messes
grandiloquentes. Qu’il s’agisse d’universités d’été, de forums des compétences
algériennes installées à l’étranger ou de séminaires sur l’intelligencia
algérienne expatriée, le scénario est le même à chaque fois : une semaine de
promesses fermes et des années d’attente vaines ! Alors, oui ! D. D. veut
rebeloter ? Rebelotons avec lui Ya Sidi ! Ça meublera quelques jours d’été. En
attendant septembre, la rentrée et le retour des émigrés chez eux, là-`bas.
Compétences comprises. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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