Société : Et si l’on partait en vacances ?

Partir en vacances, larguer les amarres, rompre avec le quotidien après une année de dur labeur. C’est le rêve de tout un chacun.
Se reposer, briser la routine, découvrir de nouveaux horizons, c’est le top ! Encore faut-il avoir un compte bancaire bien garni avant de pouvoir boucler ses valises ! A chacun sa combine, à chacun son plan. Si certains s’envolent vers d’autres cieux, la fleur aux dents, d’autres se rabattent sur les côtes algériennes, version camping. D’autres encore choisissent le «bled» pour se ressourcer. Eh, bien sûr, parmi tout ce lot, il y a les malchanceux qui rongent leur frein sachant qu’ils ne bougeront pas de leur maison.
Les employés d’entreprises profiteront des sessions de camping
Mohamed est employé dans une entreprise nationale. Chaque été, cette dernière organise des sessions de camping à Mostaganem. Les places étant limitées, les employés accèdent à cette formule estivale à tour de rôle. Cette été, Mohamed est du voyage. Il a du mal à dissimuler sa joie : «Ma fille vient de décrocher le brevet, mon fils la sixième, une belle façon de les remercier pour tous leurs efforts. En tout cas, pour moi, les œuvres sociales restent le seul moyen d’offrir des vacances à ma petite famille et de goûter aux plaisirs de la mer.» Samia (20 ans), jeune étudiante en droit, sait d’avance où passer ses vacances cet été. «Pour moi, et depuis que je suis haute comme trois pommes, c’est le même programme chaque été. J’accompagne mes parents au bled, à Tazmalt (Béjaïa) où mes grands-parents possèdent une maison à la campagne. Dépaysement garanti... Pendant 20 jours, toute la famille vit en symbiose avec la nature. Il m’arrive même de traire les vaches et de ramasser les œufs pondus par les poules... Loin du stress et de la pollution de la ville, il fait bon vivre !» assure-t-elle. Et pour ceux qui veulent faire le vide en profitant de la mer et du soleil dans des hôtels trois, quatre ou cinq étoiles, pieds dans l’eau, à l’étranger, direction l’une des nombreuses agences de voyage qui affichent des formules alléchantes pour des séjours balnéaires en Tunisie. Aucune tracasserie liée à l’obtention d’un visa, il suffit de mettre la main à la poche. A partir de 30 000 DA par personne. Depuis plusieurs années, la Tunisie est la destination privilégiée des Algériens. Désormais, les plages de Hammamet, Sousse, Monastir, Nabeul, Tabarka... attirent des milliers d’estivants algériens conquis par le bon rapport qualité-prix proposé par les hôtels ou appartements et villas donnés en location. «Pour moins de 100 000 DA, je vais m’offrir un séjour d’une dizaine de jours dans un hôtel avec piscine et toutes les commodités à Monastir avec ma femme et mes enfants», nous confie un père de famille. «Là bas, c’est le rêve. Les prestations de service sont d’une grande qualité : buffet à volonté, animation le soir et prise en charge des enfants par des animateurs ! Impossible de trouver l’équivalent dans notre pays même en y mettant le prix fort.»
Certaines femmes au foyer ne connaissent le mot vacances qu’à travers la TV
Hakim (24 ans) est un jeune chômeur. Ce n’est pas pour autant qu’il renoncera aux vacances. En tout cas, il ne l’entend pas de cette oreille. «Pas question de passer tout l’été à tenir les murs dans la houma... Grâce à des petits boulots à droite et à gauche, j’ai pu mettre un peu de blé de côté. Avec quelques copains, on projette d’aller faire du camping sauvage du côté de Damous. Au menu, pêche, nage, grillade... et farniente ! Le rêve quoi !» Lézarder au soleil les doigts de pieds en éventail en bullant n’est pas à la portée de tous. Certaines femmes aux foyers ne connaissent le mot vacances qu’à travers le tube cathodique. Ces fées du logis, apprivoisées par l’automatisme d’un quotidien routinier, vous lorgnent d’un air moqueur et narquois dès que vous abordez le sujet avec elles. «Les vacances, c’est pour ceux qui sont nés sous une bonne étoile», nous lance Fatiha (52 ans), femme au foyer, en s’essuyant les mains sur son tablier de cuisine. «En 22 ans de mariage, je n’ai jamais goûté à ce genre d’escapade. Le petit salaire de mon mari suffit à peine à nous nourrir (4 enfants à charge). Les vacances, ce sera dans une autre vie !» plaisante-t-elle. Et pour tous ceux qui ne peuvent se permettre cette parenthèse estivale qui précède le ramadan et la rentrée scolaire, il reste les journées à la plage, les sorties en forêt ou les fêtes de mariage. Une manière de se changer les idées tout en rêvant du jour où, à leur tour, ils prendront la route des vacances.
Sabrinal
sabrinal_lesoir@yahoo.fr

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