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Comment appelle-t-on une coupure de courant de plusieurs
heures dans le Grand-Sud algérien ?
Un génocide !
Loubna Ahmed Al Hussein, journaliste soudanaise, devait se faire fouetter
hier par la justice de son pays. Son tort ? Avoir été arrêtée dans un
restaurant, elle et onze autres femmes, en tenue interdite pour une femme au
Soudan, le pantalon. Je rappelle juste aujourd’hui que le Soudan est un pays
ami. Un pays frère. Je rappelle aussi que l’Algérie n’a pas été le pays le moins
vociférant pour dénoncer les menaces du Tribunal international qui pesaient sur
la tête d’Omar Al Bachir, président du califat soudanais. Très franchement,
j’étais de ceux qui salivaient à l’idée même de savoir Al Bachir traîné devant
des juges internationaux pour payer de ses crimes au Darfour. Je l’étais avant
cette affaire de femme journaliste condamnée à la flagellation. Je le suis plus
encore depuis, vous le comprendrez. Je le suis d’autant plus que moi, je n’ai
pas oublié. Je n’ai pas oublié le Soudan d’une époque pas si lointaine. Cette
époque bizarrement gommée aujourd’hui du discours fraternisant des dirigeants
algériens. Souvenez-vous les copains ! Le Soudan. Et ! Oh ! Le Soudan des années
90. Celui qui se félicitait déjà du basculement de l’Algérie dans la charia et
de la prise du pouvoir par le FIS. Désolé, mais pour moi, il n’y a qu’un seul
Soudan officiel. Celui de l’intégrisme actif et expansionniste. Ce Soudan-là qui
condamne les femmes au fouet ne peut pas être un pays ami du mien. Ce Soudan-là
ne peut pas être un pays frère du mien. Mes amis, mes frères, je me targue de
pouvoir encore les choisir, même si le champ des libertés se rétrécit. Le Soudan
d’Omar Al Bachir symbolise à mes yeux la négation même de l’amitié et de la
fraternité entre les peuples. Le jour où des monstres comme Al Bachir seront
menottés et conduits devant les juges pour payer, je serai heureux. Foncièrement
heureux. Fondamentalement heureux. Et je ressentirai chaque question des juges à
laquelle devra répondre Al Bachir comme autant de coups de fouet sur son dos. Un
homme qui fait fouetter des femmes parce qu’elles portent le pantalon ne peut
être mon frère. Et ceux qui se réclament de sa fratrie, non plus ! Je fume du
thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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