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Algérie. Vends Renault 4 GTL année 74. En état de marche. 100 millions.
Non négociables
Un seul militaire. Pas 18. Pas 23. Mais juste un. Mort en
mission en Afghanistan. Pas dans le cadre d’une «tragédie nationale». Pas
dans le rétablissement de l’ordre dans son pays. Non ! Mort à des milliers
de kilomètres de chez lui dans une contrée étrangère et étrange à la fois.
Un seul militaire. Pas 18. Pas 23. Mais juste un. Et ce «un-là» a mérité un
communiqué ému, franchement ému de son président de la République. Un chef
d’Etat en convalescence après un sérieux coup de pompe, une hospitalisation
et des conseils fermes de ses médecins de se reposer vraiment. Congé maladie
ou pas, convalescence ou pas, coup de pompe ou pas, le président s’est fendu
d’une longue déclaration dans laquelle il dit toute son affliction, toute sa
douleur et toute sa détermination à ne pas céder au chantage des lâches. Un
seul militaire. Pas 18. Pas 23. Mais juste un. Et le malade redresse la tête,
envoie valdinguer le chapeau de paille et le farniente pourtant recommandé par
ses toubibs pour dire, «non ! Ça ne se peut pas ! Nos enfants ne peuvent
mourir ainsi !» La vie, la mort. Pourquoi j’ai cette atroce impression que
l’on enterre des chiens et non plus des êtres humains dans mon pays ?
Pourquoi suis-je en train de me surprendre à comparer, sur la mercuriale de
l’ignominie, la vie d’un militaire, de 18 militaires ou de 23 militaires
avec celle d’un crédit à la consommation, d’un prêt voiture et du grand
«daaaaaaaanger» qui guette les ménages algériens surendettés ? Nous sommes
ainsi devenus des monstres. Et il ne s’agit point d’une image, d’un trait
grossissant. Non ! Nous sommes devenus des monstres, au sens le plus tristement
littéral du terme. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
www.tacervellesarrête.blogspot.com
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