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Algérie. A l’approche du Ramadan, les pharmacies
prises d’assaut.
Antidépresseurs !
L’information n’a eu droit qu’à un ou deux entrefilets rachitiques. Pourtant,
elle me semble de taille. Le plus officiellement qui soit, dans deux
déclarations de hauts responsables et dans un communiqué de son gouvernement,
l’Afrique du Sud, pays membre de l’Union africaine, annonce qu’il se
désolidarise de la position de cette organisation continentale qui consiste à
protéger Omar Al-Bachir, dirigeant du Soudan. Non seulement, Pretoria se
désolidarise de cette coquine solidarité avec un chef d’Etat intégriste, mais en
plus elle annonce qu’elle procédera à son arrestation et à sa mise à disposition
de la justice internationale si, par un quelconque hasard, il mettait le bout du
bout de son orteil sur son territoire ou dans une quelconque aire géographique
relevant de la juridiction sud-africaine. Bonté divine ! C’est d’une «clarté
limpide» comme dirait l’autre. Y a ni Union africaine qui tienne, ni solidarité
continentale à la noix qui puisse jouer en pareille situation aux yeux des
Sud-Africains. Omar Al-Bachir est accusé de crime de guerre et de crime contre
l’humanité, et l’Afrique du Sud le menottera comme il se doit, comme doivent
être menottés tous les criminels de cet acabit. Comme quoi, il est possible de
faire de la politique étrangère sans concession aucune sur les questions
humaines, civilisationnelles. C’est une belle baffe balancée dans la tronche de
cette UA qui avait honteusement et piteusement pris fait et cause pour Al-Bachir
en refusant de le livrer à la CPI, la Cour pénale internationale. Et dans le
concert des pleureuses de l’UA qui versaient de grosses larmes sur l’injustice
faite à Al- Bachir par les instances internationales, dans les récriminations
contre la mise au banc du président soudanais, l’Algérie n’était pas le pays à
avoir versé le moins de larmes. Nos dirigeants étaient montés bille en tête, le
drapeau soudanais agrafé sur leur petite poitrine pour jurer fidélité et
protection au frère Al-Bachir. De belles bondieuseries et de coquins
arrangements entre petits dictateurs pour maintenir le statu quo
islamo-conservateur. Il était bon que dans cette infecte fourmilière de
complicité continentale avec un criminel de guerre, le pays de Mandela vienne
donner un sacré coup de pied. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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