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De quoi a besoin le gouvernement pour mener à bien son programme économique
?
D’une boussole !
Il paraît que le patronat algérien a haussé le ton. Il
paraît que les patrons ne sont franchement pas contents des dernières
décisions gouvernementales en matière économique et du contenu de la loi de
finances. S’il se confirme que le patronat algérien a vraiment haussé le
ton, il me faut alors en urgence aller consulter mon ORL. Mes oreilles ont dû
me trahir pour que je n’ai pas entendu les patrons hausser le ton. Ça me fout
un coup ! Je ne suis peut-être pas de toute première jeunesse, mais je ne suis
pas non plus complètement ratatiné pour ne plus rien entendre. Sourd comme un
pot à mon âge ! C’est un truc à vous plomber le bonheur pour le restant de
l’été. Du coup, ne pouvant plus vraiment compter sur mes oreilles, je me
suis rabattu sur la lecture. Et j’ai cherché des traces écrites du haussage
de ton des patrons. Très franchement, et même si je n’ai pas dix d’acuité
visuelle pour les deux yeux, je ne suis pas non plus complètement miro ! J’arrive
à lire des articles de presse archivés. Avec des lunettes, certes, mais j’y
arrive ! Et de mes lectures, je suis sorti avec une seule certitude. Celle de n’avoir
pas trouvé non plus trace écrite du haussage de ton des patrons, après avoir
vainement tenté d’en trouver des sonores. De plus en plus rongé par le doute
et ravagé par l’inquiétude à propos de l’état de santé de ma sphère
ORL, j’ai finalement opté pour la mémoire. Sourd, peut-être. Bigleux,
peut-être. Mais pas gangrené du ciboulot tout de même. Ma mémoire, c’est
un peu ma richesse, mon capital jeunesse intact. Je ne suis pas peu fier d’exhiber
les prouesses de ma mémoire à tout bout de champ. Je peux ainsi vous citer de
mémoire la composition de l’équipe d’Algérie de football qui a battu la
France aux Jeux méditerranéens en 1975, au stade 5-Juillet, qui ne s’appelait
pas encore complexe Mohamed-Boudiaf. Et en sollicitant ma mémoire, j’ai enfin
pu trouver trace d’un haussage de ton des patrons algériens. Ils ont
réellement haussé le ton ! Et j’ai la date exacte à laquelle a eu lieu cet
événement extraordinaire. Les patrons ont haussé le ton à la vielle de la
dernière élection présidentielle. Ce jour-là, à voix haute, à voix très
haute, assez haute pour être entendue par tous, ils ont crié «nous, patrons
algériens, nous soutenons le frère candidat Abdelaziz Bouteflika et son
programme». Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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