Culture : 2e ÉDITION DU FESTIVAL NATIONAL DU RAÏ À SIDI-BEL-ABBÈS
De l’improvisation pour sauver le festival


C’est un véritable tâtonnement dans l’organisation et le programme qui a prévalu pour cette 2e édition du Festival national du raï, qui s’est tenue au niveau du stade du 24-Février de Sidi-Bel-Abbès, entraînant une vague de contestations du public et de certains artistes.
Ces derniers ont déploré le manque de savoir-faire dans l’organisation de ce festival du raï qui de surcroît est de dimension nationale et dont la vocation est de préserver le patrimoine culturel. Malheureusement, soulignent- ils, la capitale de la Mekerra n’a pas réussi à relever le défi pour cette édition contrairement à la première où l’organisation et le programme étaient nettement meilleurs, nous a-t-on indiqué. Le choix de Sidi-Bel-Abbès pour la tenue du festival du raï après sa délocalisation d’Oran n’était pas une mission facile mais, cependant l’édition de 2008 a été une réussite. Malheureusement pour cette fois, la réussite n’était pas au rendez-vous, puisque des mélomanes avertis sont allés jusqu’à comparer cette édition à une émission de «Alhan oua chabab » avec le passage de nombreux jeunes chanteurs, des voix montantes qui se sont succédé sur la scène pour tenter de capter le public qui, hélas, n’a pas coopéré. Les organisateurs, réalisant la dérive dès la deuxième soirée, ont appelé à la rescousse des chanteurs non programmés, à l’instar de Cheb Abdou, Cheb Abbès, Mohamed El-Abassi, Cheb Faudel qui, lui, en toute franchise, a déclaré : «Moi, je suis venu tout seul» pour animer les soirées aux côtés de Cheba Fadéla, Cheba Warda, Mazouzi, Cheb Kader japonais, Zahouania, Raïna Raï et bien d’autres. Le festival avait démarré dans la nostalgie lors de la première soirée avec Cheba Fadéla, avec ses tubes qui n’ont pas pris une ride. Nsel fik», par exemple, relayé par Cheb Kader japonais puis Cheikh Mohamed Sahli avec le raï bedoui, longuement ovationné par le public, Lotfi du groupe Raïna Raï a fait une fugace apparition. Toujours est-il que le festival semblant bien amorcer son décollage, hélas. En tout cas, ce sont plusieurs chanteurs qui se sont produits. Au total, on citera, entre autres, Cheb Nassim, Cheb Kader, Cheb Kader japonais, Cheb Hasni Seghir, Mazouzi, Mohamed El-Abassi, qui a d'ailleurs regretté son passage, Cheb Belkheïr, Chelfaoui, Tewfik Nedroumi, Cheba Naïma, cheba Warda, Cheb Abdou, Cheb Faudel, Cheb Abbès, Cheb Billal, Zahouania et Djilali Amarnas, Cheb Nasro, Houari Dauphin, cheb Khaled, Cheb Redouane, Cheb Réda et bien d’autres de renom étaient les grands absents de ce festival. Les nostalgiques du raï et les artistes ont souhaité que le festival national garde toute sa vocation, à savoir «préserver le patrimoine culturel et promouvoir les jeunes espoirs» avec le passage en grande majorité de stars du raï tout en donnant la chance aux meilleures voix montantes de faire leur preuve sur scène. Il convient de signaler que presque deux milliards de centimes ont été dégagés pour la tenue de ce festival alors pour l’édition de 2008, un milliard deux cent millions de centimes seulement ont été débloqués. Sur les deux milliards, un milliard deux cent millions de centimes ont été alloués par le ministère de la Culture, trois millions de centimes par la Direction de la culture de Sidi- Bel-Abbès et trois autres millions de centimes par l’APW.
A. M.

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