Jeudi 13 Août 2009
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Le destin fabuleux de l’homme qui repeignait nos routes en bleu et menait la chasse à nos paraboles et à nos climatiseurs !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
Aboudjerra Soltani vient de déclarer : «Les réformes du
gouvernement ont échoué.» C’est pas bien ça ! Ça s’appelle
cracher dans la soupe. Et cracher dans la soupe à
quelques jours seulement du Ramadan, c’est …

 

… haram !

Ô ! Peuple du farniente et de l’insouciance ! Je vous invite aujourd’hui à avoir une pensée émue et solidaire envers un homme, le wali de la capitale. Alors que nous sommes tous bien à l’abri, sous nos parasols ou allongés, les doigts de pieds en éventail face à nos climatiseurs, lui, bosse comme un dingue. Et il travaille sur quoi, je vous le demande ? Vous pensez que Monsieur le wali bricole des petits boulots d’été ? Que nenni ! Il est sur du gros, du lourd, du blindé. Des dossiers capitaux, vitaux pour notre avenir d’habitants de la région d’Alger et d’Algériens tout court. Après avoir mené comme un chef la mère des batailles, celle de la glorieuse ligne bleue (qui, cela dit en passant, vient d’être repeinte du plus beau bleu qui soit), notre wali, infatigable, increvable passionné des dossiers qui comptent, des sujets névralgiques, s’attaque maintenant à deux chantiers énoooooooormes, pharaoniques. Les climatiseurs et les paraboles. Cet homme est incroyable ! Cet homme est un … surhomme ! Où trouve-t-il l’imagination pour nous dégoter des chantiers pareils ? Il fallait y penser à la ligne bleue sur des autoroutes qui souffrent de crevasses énormes, de manque de réfection et de dangerosité avérée. Il fallait aussi y penser à la chasse aux paraboles et aux climatiseurs dans une capitale dont les quartiers sont devenus de véritables bantoustans impossibles d’accès aux services d’ordre et aux services de la voirie. Avec un tel degré d’ingéniosité dans le «dénichage» de chantiers de la plus «haute» importance, je m’attends désormais à tout avec ce cher wali. Demain, peut-être lancera- t-il une campagne pour uniformiser la couleur et la forme des pots de fleurs qui ornent nos balcons. Il pourrait — il en est capable, j’en suis convaincu — ordonner également le changement des couvercles ronds de nos bouches d’égout par de nouveaux couvercles de forme carrée. Il peut aussi exiger que l’on repeigne en bleu, de ce beau bleu sur lequel il semble avoir véritablement flashé les palissades du port d’Alger, ces mêmes palissades que traversent de nuit les candidats à la harga. Il peut beaucoup de choses notre wali. Il peut énormément. Mais dans tout ce qu’il entreprend ou va entreprendre, il faut définitivement lui reconnaître une qualité indéniable : il a un sens aigu des urgences de l’heure et des attentes de ces administrés. Ah ! Ça oui ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com

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