Aboudjerra Soltani vient de déclarer : «Les réformes du
gouvernement ont échoué.» C’est pas bien ça ! Ça s’appelle
cracher dans la soupe. Et cracher dans la soupe à
quelques jours seulement du Ramadan, c’est …
… haram !
Ô ! Peuple du farniente et de l’insouciance ! Je vous invite aujourd’hui
à avoir une pensée émue et solidaire envers un homme, le wali de la capitale.
Alors que nous sommes tous bien à l’abri, sous nos parasols ou allongés, les
doigts de pieds en éventail face à nos climatiseurs, lui, bosse comme un
dingue. Et il travaille sur quoi, je vous le demande ? Vous pensez que Monsieur
le wali bricole des petits boulots d’été ? Que nenni ! Il est sur du gros,
du lourd, du blindé. Des dossiers capitaux, vitaux pour notre avenir
d’habitants de la région d’Alger et d’Algériens tout court. Après avoir
mené comme un chef la mère des batailles, celle de la glorieuse ligne bleue
(qui, cela dit en passant, vient d’être repeinte du plus beau bleu qui soit),
notre wali, infatigable, increvable passionné des dossiers qui comptent, des
sujets névralgiques, s’attaque maintenant à deux chantiers énoooooooormes,
pharaoniques. Les climatiseurs et les paraboles. Cet homme est incroyable ! Cet
homme est un … surhomme ! Où trouve-t-il l’imagination pour nous dégoter
des chantiers pareils ? Il fallait y penser à la ligne bleue sur des autoroutes
qui souffrent de crevasses énormes, de manque de réfection et de dangerosité
avérée. Il fallait aussi y penser à la chasse aux paraboles et aux
climatiseurs dans une capitale dont les quartiers sont devenus de véritables
bantoustans impossibles d’accès aux services d’ordre et aux services de la
voirie. Avec un tel degré d’ingéniosité dans le «dénichage» de chantiers
de la plus «haute» importance, je m’attends désormais à tout avec ce cher
wali. Demain, peut-être lancera- t-il une campagne pour uniformiser la couleur
et la forme des pots de fleurs qui ornent nos balcons. Il pourrait — il en est
capable, j’en suis convaincu — ordonner également le changement des
couvercles ronds de nos bouches d’égout par de nouveaux couvercles de forme
carrée. Il peut aussi exiger que l’on repeigne en bleu, de ce beau bleu sur
lequel il semble avoir véritablement flashé les palissades du port d’Alger,
ces mêmes palissades que traversent de nuit les candidats à la harga. Il peut
beaucoup de choses notre wali. Il peut énormément. Mais dans tout ce qu’il
entreprend ou va entreprendre, il faut définitivement lui reconnaître une
qualité indéniable : il a un sens aigu des urgences de l’heure et des
attentes de ces administrés. Ah ! Ça oui ! Je fume du thé et je reste éveillé,
le cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
|