Les scientifiques sont formels. Le 22, ça sera Ramadan. J’en
conclus donc que nous jeûnerons ...
...le 21 ou le 23 !
Il faut absolument lui rendre hommage. D’ailleurs, pourquoi utiliser le
singulier ? Ils étaient peut-être plusieurs à l’origine de cette idée.
Enfin, qu’importe ! Un ou plusieurs. Femmes ou hommes ou les deux à la fois,
bravo ! Bravo pour avoir permis que des familles, des femmes, des couples, des
enfants se retrouvent dans le temple rénové du 5-Juillet pour y suivre la
rencontre amicale de football Algérie-Uruguay. Bien sûr, des amis grincheux,
des éternels accrocs à la théorie du complot permanent ont voulu attirer mon
attention et m’avertir : «Fais gaffe Hakim, c’est une opération commandée,
montée et pas du tout spontanée.» Figurez-vous que je me suis entendu répondre...
spontanément à mes grincheux amis : «J’m’en fous un peu que cela ait été
organisé !» Opération montée ou pas, j’en ai eu des frissons. De joie émue.
De régal pour les yeux et pour le cœur. Ah ! Diable ! Que ça faisait plaisir
de les voir ces filles, belles à damner, ces garçons beaux à espérer, ces
familles joyeuses à en pleurer d’émotion. Bonté divine, quelle victoire !
Pas celle des footballeurs, laquelle fut certes belle aussi, laborieuse et
belle, mais celle de ces enfants et familles d’Algérie, sexes confondus ayant
envahi les tribunes du stade. De ces victoires qui n’ont pas de prix. Peut-être
ne mesurons-nous pas encore pleinement ce que cela signifie. Au-delà des
suspicions de «montage», des filles, des femmes étaient au stade, ce stade
construit dans un pays où un temps, le projet était de cloîtrer les filles et
les femmes dans leurs cuisines et dans leurs lits. Ce stade d’où des
apprentis sorciers ont fait joujou avec des lasers, avant de passer à un jeu
grandeur nature, grandeur mortelle, celui du massacre collectif. Je sais que
dans les maquis, dans certaines mosquées, au milieu de certaines halaqates, les
images de ces «filles du stade» ont fait mal, très mal. Comme ce tisonnier
qui brûle et perfore au plus profond. Je sais que dans leurs pensées obscures,
dans l’entrelacs de leurs barbes lianes, au coin du feu de leur prochain raid
ou faux barrage, le film de ces «familles du stade» leur a fait avaler de
travers la gorgée de musc et prononcé d’encore plus de travers le dernier
message du candidat à l’attentat kamikaze. Les femmes, les garçons et les
familles du stade étaient beaux, sacrément beaux. De cette beauté ravageuse
qui, le lendemain, fige sur les visages des barbus un rictus de haine et de défaite
amère. Rien que pour ça, merci aux déesses du stade et à ceux et celles qui
leur ont ouvert les portes de cet Olympe. Je fume du thé et je reste éveillé,
le cauchemar continue.
H. L.
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