L’affaire du thonier turc arraisonné en juin dernier par les gardes-côtes algériens à Annaba n’a pas livré tous ses secrets. L’implication du secrétaire général du ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques ainsi que du directeur de la pêche n’a fait qu’éveiller les soupçons du gouvernement algérien. Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - A en croire une source très bien informée, les autorités algériennes soupçonnent «des accointances d’ordre politiciennes entre le Mouvement de la société pour la paix (MSP) et le gouvernement turc d’obédience islamiste, ce que beaucoup tendent à oublier» ! Le département de la pêche est en effet géré par un ministre islamiste, Smaïl Mimoune en l’occurrence. Et comme pour tous les secteurs gérés par l’ex- Hamas, tous les cadres, du cabinet jusqu’à la base, sont des militants du parti de Aboudjerra Soltani. «Même si la justice se penche sur les cas du secrétaire général et du directeur de la pêche au ministère, tout porte à croire que l’affaire dépasse le simple cadre de la corruption », explique notre source. Permettre à des thoniers turcs et non pas japonais ou européens, pourtant beaucoup plus nombreux et omniprésents, de procéder à des prélèvements illégaux du thon rouge algérien, très prisé pour sa qualité, est, selon notre source, un acte «idéologique» en plus d’être un crime économique. Affilié au mouvement des Frères musulmans avant même son agrément en 1990, «Hamas Algérie» agit ainsi en véritable cheval de Troie de l’intégrisme international dans les institutions algériennes. Ce «coup de main» aux Turcs, c’est avant tout un geste envers les «frères» de l’UKP, le parti pour la justice et le développement, formation islamiste d’Erdogan, au pouvoir au pays de Kemal Atatürk. «Les deux partis entretiennent les meilleures relations. Ils s’invitent mutuellement.» La couleur idéologique prime sur tout, chez «Hamas Algérie». Même dans son soutien à la cause palestinienne, la ségrégation est flagrante : le mouvement de Aboudjerra soutient toujours et exclusivement sa «réplique palestinienne, le mouvement Hamas» mais jamais l’autorité légale de Mahmoud Abbès et le mouvement Fatah. S’inspirant bien de la mésaventure et de «l’amateurisme » de l’ex-FIS, le Hamas s’est, depuis Nahnah, fixé un même objectif, l’Etat théocratique mais via une stratégie sûre et payante : l’infiltration des rouages de l’Etat. Sans vraiment trop attirer l’attention sur lui, il est malheureusement en train de réussir son œuvre ! Il n’y a qu’à voir cet autre exemple pour le moins révélateur : les licences de vente de boissons alcoolisées. C’est simple : elles ne sont plus délivrées et même celles qui l’ont été auparavant se sont vu réduites à leur plus simple expression par les services du ministère du Commerce, un autre département contrôlé par le MSP… K. A.
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