jeudi 03 septembre 2009
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Actualités : RENTRÉE SCOLAIRE
Le tonneau des Danaïdes


Déjà confrontés aux dépenses, parfois déraisonnées, du mois de Ramadan, les parents devront parer également aux frais conséquents de la rentrée scolaire 2009/2010.

Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir) - Plus de 8 millions d’élèves dont environ 315 000 nouveaux, tous cycles confondus, sont attendus dès le 13 septembre sur les bancs des établissements d’enseignement. Des élèves pour lesquels il faudra débourser pour l’achat de fournitures et manuels scolaires, de tabliers, de vêtements et chaussures. Des produits disponibles, certes, mais plus qu’onéreux. Pour un seul élève scolarisé, inscrit par exemple pour la première fois, il faudra consacrer un budget d’au moins 5 000 DA. Ce qui comprend l’achat de fournitures scolaires pour 1000 dinars au moins, d’un cartable, le plus simple valant au minimum 700 DA, de manuels scolaires pour une somme minimale de 1 200 DA. Mais aussi l’achat d’un tablier dont le prix avoisine les 700 DA, même si cette tenue devenue obligatoire constitue réellement un faux-frais, un anachronisme social malgré les justifications avancées. Comme il faudra penser à l’achat de chaussures et de vêtements à la facture salée, pour au moins 4 000 DA. Et sans parler des autres frais, tels les cours particuliers à domicile qui nécessitent au moins 1 000 DA par semaine, ainsi que les frais de transport. Ou la préparation des examens dont le baccalauréat qui appelle à un sacrifice financier minimal de 3 000 DA. En d’autres termes, les dépenses de la rentrée absorberont un budget de l’ordre de 8 000 à 10 000 DA, soit 80 % du revenu d’une famille smicarde. Et si une famille était composée de cinq enfants scolarisés, qu’en serait-il ? Faites le compte. Plus de 25 000 DA au moins alors que la plupart des familles ont des revenus faibles, limités au SNMG. Et les familles doivent se préparer à une autre épreuve, celle de l’Aïd-el-Fitr, avec ce que cette fête impose comme dépenses. Ces parents sont donc condamnés à remplir un véritable tonneau des danaïdes, devant jongler avec les cordons d’une bourse déjà bien menue et une inflation, le moins que l’on puisse dire, galopante.
C. B.

LE TABLIER
Une discipline, un complexe ou un fardeau ?

Le temps de l’encrier et de la craie à l’école est révolu, mais le tablier est toujours de mise au sein des établissements scolaires algériens. Pour des raisons pratiques, la blouse s'impose à la maternelle et à l'école primaire. Mais faut-il également l'exiger au CEM et au lycée ? Les lycéens se sont toujours révoltés contre le port du tablier, considéré comme «vieux-jeu». Ces adolescents qui, aujourd’hui, se montrent de plus en plus exigeants et exclusifs en habits de marque, sont désormais sommés de se «déguiser» au sein des lycées. Les responsables continuent d’exiger le port du tablier et les jeunes lycéens le rejettent, s’adonnant à des compétitions d’élégance vestimentaire entre camarades. Outrés ou vexés, ils ne le portent qu’à l’entrée de leurs établissements. On estime qu’il est préférable de préserver un certain degré d'individualisme, qui permettra à ces adolescents d'exprimer leurs différences de personnalité à travers leur aspect vestimentaire. Ainsi, le tablier constitue-t-il un moyen de renforcer l'égalité entre les élèves ou s’agit-il seulement d’une simple improvisation ? Afin d’ancrer la tradition du tablier dans les établissements scolaires, le ministère de l’Education nationale a ordonné l’uniformité de sa couleur. Dès la prochaine rentrée, les filles porteront des tabliers roses ou blancs, selon les cycles d’enseignement, et les garçons devront porter des blouses bleues. La généralisation d'une uniformité de la couleur du tablier scolaire bascule entre «l’utile et l’inutile». Certains considèrent que le port du tablier et l'uniformité de la couleur sont une forme de discipline. Il permet d’uniformiser le comportement vestimentaire dans les écoles et de donner le sentiment d’appartenir à un même univers, plus égalitaire. D’autres qualifient cette nouveauté d’«insignifiante ». Scandalisés, ils qualifient cette décision de restriction des libertés de l'individu. Un détail qui devrait être laissé à la discrétion des parents. En quête d’unanimité au sein des établissements scolaires, une question se pose. La tutelle projette-t-elle d’imposer l’uniforme aux écoles ?
Rym Nasri

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