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La plainte du RCD contre Abdekka a été enregistrée…
… sur DVD !
A quelques minutes de l’appel à la prière et à la
rupture du jeûne, je passais devant un restaurant de la Rahma, dans la
capitale. Et quel ne fut mon dégoût, mon écœurement, ma rage et ma détermination
farouche à dénoncer ce scandale. Ce que je fais aujourd’hui. Figurez-vous qu’alignés
face à l’entrée de ce restaurant, de nombreuses personnes attendaient d’y
pénétrer afin de bénéficier gratuitement d’un repas de Ramadan. Vous
imaginez un peu l’outrecuidance de ces faussaires patentés, de ces
trafiquants de l’aumône et de la solidarité. Oser se faire passer pour des
pauvres, en Algérie, pays désormais connu et reconnu comme contrée sans
pauvres. A les voir là, ces prétendus démunis, debout, sûrement depuis un
long moment, la mine fatiguée, le regard vide, la tête souvent baissée, j’ai
eu un haut-le-cœur. J’étais révulsé. J’ai pris mon regard le plus
sévère, le plus agressif pour les fixer droit dans les yeux. Je voulais qu’ils
sachent que je savais. Eh oui ! Je sais que derrière chacun de ses faussaires
de la précarité se cache un Algérien qui a passé ses vacances en Tunisie ou
du moins qui est capable de débourser 20 millions pour se faire déposer en
Europe par un gentil passeur. Grâce à Aâmi Boualem, on ne me la fait plus, à
moi ! Toute tentative de se faire passer pour un pauvre est désormais vouée à
l’échec. C’est d’autant plus vrai que dans le lot des personnes qui
attendaient leur tour pour manger à l’œil, il y en avait quelques-unes dont
le teint était halé. C’est pas la preuve, ça ? J’avais l’impression que
ces «spécimens-là», plus particulièrement rentraient à peine de leurs
vacances à Djerba ou Hammamet. Si je poussais mon devoir citoyen jusqu’au
bout et si je les fouillais au corps, j’étais presque sûr de trouver dans
leurs poches, qu’ils déclaraient pourtant vides, une note d’un palace 5
étoiles tunisien ou des babioles achetées horriblement cher dans un souk de la
médina. Et là, je ne vous parle que de ceux qui donnaient l’impression très
nette de sortir de sous la lampe à UV. Je ne vous dis pas pour les autres. Des
jeunes, des moins jeunes et des carrément vieux qui tenaient tous un cabas ou
un sachet à la main. Là aussi, une bonne fouille aurait sûrement révélé qu’il
s’agissait du parfait kit du harraga, avec, au fond de la besace, bien caché
dans un emballage étanche, une liasse de billets pour payer le voyage. Allez me
convaincre après ça que les mecs ne prendraient pas le chemin du port et du
large, juste après avoir expédié la chorba et les boureks, hein ? Yaw fakou !
N’est-ce pas, Aâmi Boualem ? Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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