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Pourquoi le virus AH1N1 n’inquiète pas vraiment le ministère de l’Education
? Parce que ça fait déjà un moment que l’Ecole algérienne est…
… grippée !
Lu dans El Watan : «Des milliers de chaussures commandées
par le ministère de la Solidarité et destinées aux sinistrés et aux démunis
abandonnées à la foire d’Alger.» Diable ! Le ministre du culte, Boualem
Ghoulamallah, aurait-il raison ? Une montagne de godasses neuves qui ne
trouveraient pas preneurs, faute de pauvres ? Mais alors, si nous sommes tous et
toutes convenablement chaussés, pourquoi diantre le ministère de ce bon
docteur Ould Abbès a-t-il commandé autant de grolles ? Il y a là une sorte de
blanc comme disent mes amis de la radio. Je n’arrive pas à m’expliquer
logiquement, à reconstituer de manière cartésienne ce moment «bizarre» qui
voit un ministère commander des centaines de milliers de chaussures pour les
pauvres et leur stockage ensuite, des années durant dans un dépôt de la
foire. Que s’est-il réellement passé entre la phase 1, celle où l’on fait
le constat que des Algériens n’arrivent pas à se chausser, la phase 2, celle
où l’on commande les chaussures, et la phase 4, celle de l’oubli de cet
arsenal de chaussures dans un lieu de stockage ? Il y a une phase, la phase 3
qui manque à l’appel. Je ne vois qu’une seule explication, certes
hallucinante, certes incongrue aux yeux vigilants des économistes, mais c’est
la seule que j’ai à me mettre sous la dent de manière hallal en ce Ramadan :
entre la commande et la livraison, le pays a connu un phénomène unique au
monde et pas assez médiatisé à mon goût. En quelques heures, quelques nuits,
l’Algérie s’est vidée de tous ces pauvres, en premier les mal-chaussés.
Très vite, sans que l’on sache vraiment comment, sans qu’il n’y ait eu
des conditions atmosphériques extraordinaires, sans que ne se produise une
éclipse totale du soleil par Jupiter et la Lune enlacées, sans que cela ne
coïncide avec la sortie toujours attendue du dernier album de Cheb Yazid, l’Algérie
est devenue un pays sans pauvres. Sans pauvres, donc sans malchaussés, mais
avec un gros, un grave, un énooooooorme problème : que faire de ces milliers
de chaussures sans pieds ? Importer des pauvres dans le cadre de la prochaine
loi de finances ? Les vendre aux enchères – les chaussures, pas les pauvres
importés, bien sûr — et avec l’argent ainsi récolté relancer le crédit
à la consommation ? Amis lectrices et lecteurs, aidez à trouver une solution
en répondant à cette seule question «que faire de toutes ces chaussures ?»
et envoyez vos réponses aux ministères de la Solidarité et des Affaires
religieuses. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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