mardi 08 septembre 2009
Accueil | Edition du jour
 

Actualités
Périscoop
Régions
Culture
Vox populi
Sports
Femme magazine
Contribution
Pause-Café
Chronique du jour
Pousse avec eux
Le HIC
Edition du jour
 
Nos archives en HTML
 

Quand j’vous dis qu’ils gouvernent avec leurs pieds !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
Pourquoi le virus AH1N1 n’inquiète pas vraiment le ministère de l’Education ? Parce que ça fait déjà un moment que l’Ecole algérienne est…

… grippée !

Lu dans El Watan : «Des milliers de chaussures commandées par le ministère de la Solidarité et destinées aux sinistrés et aux démunis abandonnées à la foire d’Alger.» Diable ! Le ministre du culte, Boualem Ghoulamallah, aurait-il raison ? Une montagne de godasses neuves qui ne trouveraient pas preneurs, faute de pauvres ? Mais alors, si nous sommes tous et toutes convenablement chaussés, pourquoi diantre le ministère de ce bon docteur Ould Abbès a-t-il commandé autant de grolles ? Il y a là une sorte de blanc comme disent mes amis de la radio. Je n’arrive pas à m’expliquer logiquement, à reconstituer de manière cartésienne ce moment «bizarre» qui voit un ministère commander des centaines de milliers de chaussures pour les pauvres et leur stockage ensuite, des années durant dans un dépôt de la foire. Que s’est-il réellement passé entre la phase 1, celle où l’on fait le constat que des Algériens n’arrivent pas à se chausser, la phase 2, celle où l’on commande les chaussures, et la phase 4, celle de l’oubli de cet arsenal de chaussures dans un lieu de stockage ? Il y a une phase, la phase 3 qui manque à l’appel. Je ne vois qu’une seule explication, certes hallucinante, certes incongrue aux yeux vigilants des économistes, mais c’est la seule que j’ai à me mettre sous la dent de manière hallal en ce Ramadan : entre la commande et la livraison, le pays a connu un phénomène unique au monde et pas assez médiatisé à mon goût. En quelques heures, quelques nuits, l’Algérie s’est vidée de tous ces pauvres, en premier les mal-chaussés. Très vite, sans que l’on sache vraiment comment, sans qu’il n’y ait eu des conditions atmosphériques extraordinaires, sans que ne se produise une éclipse totale du soleil par Jupiter et la Lune enlacées, sans que cela ne coïncide avec la sortie toujours attendue du dernier album de Cheb Yazid, l’Algérie est devenue un pays sans pauvres. Sans pauvres, donc sans malchaussés, mais avec un gros, un grave, un énooooooorme problème : que faire de ces milliers de chaussures sans pieds ? Importer des pauvres dans le cadre de la prochaine loi de finances ? Les vendre aux enchères – les chaussures, pas les pauvres importés, bien sûr — et avec l’argent ainsi récolté relancer le crédit à la consommation ? Amis lectrices et lecteurs, aidez à trouver une solution en répondant à cette seule question «que faire de toutes ces chaussures ?» et envoyez vos réponses aux ministères de la Solidarité et des Affaires religieuses. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com

Nombre de lecture : 3958

  Édition papier
Lire le journal en PDF

Télécharger la version compressée

CE QUI S’EST RÉELLEMENT PASSÉ À TIBHIRINE

Télécharger

 

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site