Culture : TIARET
Amar Belkhodja et Khaled Mihoubi honorés


Le hall d’exposition de l’office des établissements des jeunes de Tiaret a connu une ambiance des plus conviviales dans la soirée de jeudi dernier où l’émotion et les réminiscences n’ont pas manqué au décor. L’événement était particulièrement spécial, tant qu’il consistait à honorer deux pionniers de l’univers culturel et intellectuel du terroir en les personnes de Amar Belkhodja et El-Hadj Khaled Mihoubi.
L’initiative aussi louable qu’encourageante de l’association Essalam El-Akhdar visait tout simplement à reconnaître les prouesses de deux hommes inlassables et avides à aller jusqu’au bout de leurs passions respectives, devenues par la force du temps une véritable raison de vivre. Cumulant une expérience d’une trentaine d’années en journalisme, Amar Belkhodja est aussi auteur de plusieurs ouvrages en histoire, devenus inexorablement une référence pour les chercheurs. Le doyen de la presse à Tia ret s’est également distingué par ses écrits en hommage à des figures emblématiques du nationalisme à l’image de Ali Maâchi, Hamdani Adda, Ali El-Hammami ou encore l’Emir Abdelkader et bien d’autres qui l’ont même poussé à rallier des contrées lointaines pour fructifier ses recherches. «Il y va de notre rôle en tant que qu’écrivains, journalistes, poètes, historiens... d’exhumer ces symboles», devait répliquer l’initiateur de la fondation nationale Ali Maâchi lors d’une allocution très applaudie par l’assistance et à l’issue de laquelle il présenta ses propres œuvres, mais aussi celles qui le citent comme référence. A son tour, le plus féru de la poésie populaire dans la région, El-Hadj Khaled Mihoubi en l’occurrence, compagnon des célèbres apôtres du verbe tels El-Khaldi, Bentaiba, Bellahrache et autres, devait être lui aussi primé par l’association pour avoir consacré toute sa vie à la sauvegarde de l’identité algérienne. Un parcours jalonné par plus de 228 qacidas dont 67 éditées en diwan intitulé «Poésie populaire : histoire et origine» préfacé par Amine Zaoui. La notoriété culturelle de notre artiste est aussi ressentie à travers ses œuvres reprises par des chercheurs du CRASC d’Oran. Possédant un précieux trésor illustrant la diversité culturelle algérienne alliant le traditionnel au moderne, El-Hadj Khaled Mihoubi ne compte pas s’arrêter en si bon chemin pour rester toujours fidèle à ses principes de veiller à la préservation de la culture et du patrimoine. A noter que la cérémonie donnée en l’honneur de ces deux chantres de la culture a été agrémentée par une soirée chaâbi animée par le jeune mélomane Adda Guerouani et rehaussée par la présence d’El-Hadj Meghraoui, membre de la lumineuse troupe Safir Ettareb orchestrée alors par le martyr Ali Maâchi.
Mourad Benameur

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