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Je ne veux plus en entendre parler jusqu’à l’année prochaine.
Chorba et bourek !
Ça n’a pas raté ! Pour l’Aïd, c’est la même
expression qui est revenue pour qualifier le marché : «Les prix flambent !»
Je comprends parfaitement ce qu’ont voulu exprimer mes confrères à travers
cette titraille. Mais en même temps ce «les prix flambent» me pose problème.
Car, déjà, avant l’Aïd, pour le mois «sacré» du Ramadan, nous avions
été nombreux à titrer «Ramadan : les prix flambent !» Scientifiquement, il
y a un hic. Si les prix avaient déjà flambé pour le carême, pour l’Aïd,
ils ne peuvent plus flamber, puisqu’ils l’ont déjà fait un mois durant,
juste avant. Il nous faut trouver autre chose. Cramer. Embraser. Brûler.
Griller. Ou alors, nous devons publiquement avouer notre incapacité à proposer
un terme plus fort à substituer au verbe «flamber» et organiser en urgence,
chez nous, en Algérie, un congrès d’experts en énergie calorifique. Des
scientifiques qui ont travaillé et travaillent aujourd’hui encore sur la
chaleur, la combustion et tout ce qui s’y rattache. Des gens très sérieux,
bardés de diplômes dans le domaine des grosses chaleurs et autres ambiances
torrides qui nous expliqueraient avec des mots simples mais en même temps
doctes quels sont, dans le cadre brûlant de la théorie de la combustion, les
paliers logiques qui succèdent à la flambée. Je propose la tenue d’un tel
congrès en hiver. Ça aiderait à atténuer la rigueur de cette saison que de
discuter, de débattre de la chaleur et des flambées de chaleur au mois de
janvier. Mais attention, un tel congrès doit éviter l’écueil de l’élitisme
étroit. Afin de permettre une ouverture la plus large possible et qu’appellent
de tous leurs vœux la plupart des vrais scientifiques, on peut envisager d’inviter
à cette rencontre des corps de métiers en prise directe avec l’énergie
calorifique. Comme par exemple des artisans chauffagistes. D’ailleurs, et afin
d’assurer un financement à ce congrès – surtout en ces temps de crise
planétaire — il me semble opportun de faire appel à des sponsors, eux aussi
du domaine. Rien n’interdit de financer les travaux par des entreprises comme
Saunier Duval, Chaffoteaux et Maury, Chappée, Buderus, De Dedietrich ou
Vaillant. Ça serait du plus bel effet. Et je suis convaincu que boostés par la
qualité d’organisation, les congressistes feraient alors feu de tous bois. Je…
fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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