
Actualités : DES MATIÈRES FÉCALES RETROUVÉES DANS L’EAU ALIMENTANT L’HÔPITAL M’HAMED-YAZID DE BLIDA Des malades en danger
Les malades de l’hôpital M’hamed-Yazid à Blida courent un réel danger, nous informe-t-on. Et pour cause, l’eau qui alimente cet hôpital est souillée. Les analyses effectuées mardi dernier par le laboratoire d’hygiène de la wilaya ont révélé la présence de coliformes fécaux et de streptocoques du groupe D, ainsi que de salmonelle et de vibrio-cholériques qui sont toutes des bactéries hautement pathogènes. Les résultats du laboratoire concluent sans appel que l’eau est de mauvaise qualité bactériologique et donc susceptible de générer des intoxications et autres maladies graves telles que la diphtérie, la fièvre typhoïde ou le choléra. Les patients hospitalisés dans cet établissement risquent gros sachant que les repas qui leur sont servis sont préparés avec cette eau. Globalement, c’est tout l’hôpital qui se trouve menacé puisque c’est la même eau qui sert à assurer l’hygiène au quotidien. Même les blocs opératoires peuvent être contaminés par cette eau souillée qui leur provient, nous précise-t-on, du réseau AEP tirant sa source des forages de Maramane et de Sidi-El- Kébir. L’alerte a été donnée et nous avons appris qu’une correspondance a été transmise à l’Algérienne des eaux de Blida pour remédier de toute urgence à la situation. Et ce n’est visiblement pas une première dans cet hôpital. Contacté, M. Khechna Yacine, directeur de l’hôpital M’hamed-Yazid, a évoqué un cas similaire survenu il y a presque deux ans et pour lequel il a fallu plusieurs mois pour localiser le foyer responsable de la pollution. «Une fois averti, j’ai pris les précautions nécessaires. Nous avons fermé provisoirement la vanne d’alimentation générale de l’établissement », indiquera-t-il. Joint par téléphone, un médecin de l’hôpital, qui a requis l’anonymat, tire la sonnette d’alarme. «Le vibrion trouvé dans l’eau est très contagieux et a une grande capacité de survie. Sa dangerosité est que c’est l’un des principaux agents pathogènes, responsable du choléra qui se transmet par voie hydrique», expliquera-t-il. Il ajoutera que la salmonelle présente également dans cette eau polluée peut être responsable de beaucoup de pathologies dont la typhoïde. Il faut savoir que les coliformes fécaux se trouvent dans les déjections animales et humaines. Pour sa part, M. Zerrouk, directeur de l’Algérienne des eaux de Blida, nous a fait savoir que cet hôpital se trouve en bout de réseau de distribution et que les particules en suspension dans les conduites d’eau y terminent leur course. Selon lui, la présence éventuelle de matières polluantes dans cette eau est due vraisemblablement aux dernières pluies qui ont charrié les déchets des piémonts alentours, entre celui de la cité Benachour et qui auraient pu s’infiltrer dans les forages. Pour lui, l’eau provenant des forages de Maramane est de très bonne qualité. «Nous ne distribuons jamais de l’eau polluée !», affirmera-t-il. Toutefois, il nous informera qu’il prendra en charge immédiatement le problème en mettant en place une vanne de vidange afin d’évacuer le cas échéant les matières polluantes. En attendant que les services des eaux détectent la provenance du foyer de contamination, la vulnérabilité des malades déjà fragilisés dicte de trouver de toute urgence une solution à cette situation. S’il s’avère que c’est l’eau des forages qui est polluée, c’est toute la population qui courre un danger et pas uniquement l’hôpital de Blida. M. B.
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