Corruptions : PUBLICATION DU RAPPORT MONDIAL 2009 SUR LA CORRUPTION
Le secteur privé au banc des accusés (1re partie)


Le Rapport mondial 2009 sur la corruption a été rendu public le mercredi 23 septembre 2009. Le thème central de cette édition est «La corruption et le secteur privé» : y figure un vaste examen des pratiques de corruption dans le secteur privé, y compris la corruption et l'abus d'influence, la fraude dans les entreprises et les cartels. Pour ce faire, il a été proposé à plus de 75 experts du monde entier d'examiner l'ampleur, la portée et les conséquences dévastatrices de la corruption dans les entreprises, allant des petites entreprises en Afrique sub-saharienne aux multinationales en Europe et en Amérique du Nord. Les meilleures pratiques et des recommandations pour les entreprises et les gouvernements sont également proposées.

Ce nouveau rapport montre que les pratiques commerciales corrompues coûtent des milliards et portent préjudice au commerce, au développement économique ainsi qu'aux consommateurs. La corruption mondiale, pratiquée à une grande échelle sous la forme de pots-de-vin, de cartel d’entente sur les prix et d'abus d'influence sur les politiques publiques, coûte des milliards et entrave le cheminement vers une croissance économique durable. Ce rapport mondial sur la corruption et le secteur privé montre comment les pratiques de corruption forment une force destructrice qui affaiblit les bases d’une compétition équitable, étouffe la croissance économique et en fin de compte oblige l'entreprise à se saborder elle-même. Au cours des seules deux dernières années, les multinationales ont dû, à la suite de pratiques corrompues, s'acquitter d'amendes qui leur ont coûté des milliards de dollars. D’autres dégâts collatséraux s’ajoutent au coût financier, comme l’atteinte au moral des salariés et la perte de confiance parmi les consommateurs et les partenaires commerciaux potentiels. Le rapport fait état de nombreux cas de cadres dirigeants, d’actionnaires majoritaires et d’autres intervenants de l’entreprise qui abusent du pouvoir qui leur a été confié à des fins personnelles, et ce au détriment des propriétaires, des investisseurs, des salariés et de la société dans son ensemble.
300 milliards de dollars de pots-de-vin à près de 300 cartels privés internationaux

Dans les seuls pays en développement et en transition, les sociétés qui sont de connivence avec les politiciens corrompus et les fonctionnaires d’État ont accordé jusqu’à 40 milliards de dollars par an en pots-de-vin. D'après les recherches effectuées dans le cadre du rapport, la moitié des cadres dirigeants des grandes entreprises internationales interrogés ont estimé que la corruption entraînait une augmentation des coûts de projet d'au moins 10%. Et en fin de compte, c’est le citoyen qui en fait les frais : partout dans le monde, les consommateurs ont payé un surcoût approximatif de 300 milliards de dollars à près de 300 cartels privés internationaux découverts entre 1990 et 2005. Le rapport fait part d’un autre sujet d’inquiétude qui concerne la manière dont le pouvoir économique de certaines sociétés ou secteurs commerciaux se traduit par une influence abusive sur les prises de décisions politiques. L’incapacité à réglementer de telles influences constitue la base des systèmes kleptocratiques et des croissances atrophiées. Les efforts de lobbying manquent souvent de transparence et ont tendance à évoluer à l’extérieur du système de contrepouvoir dont les entreprises dépendent pour prendre leurs décisions stratégiques. En 2008, par exemple, environ un tiers des 100 sociétés qui font partie de l’indice de Standard & Poor’s ont exigé un contrôle des dépenses politiques par leur comité de surveillance.
Très forte hausse du pantouflage

Autre pratique mise en cause dans le rapport, le pantouflage entre la fonction publique et le secteur privé qui ouvre subrepticement la voie à des transactions malhonnêtes dans les passations de marché public, où les appels d’offre non concurrentiels et les procédés opaques mènent à un immense gâchis et à des services et des biens non fiables. L’étendue et la variété des pratiques de corruption qui entachent le secteur privé surpassent de loin les efforts des quelques sociétés qui mettent actuellement en place des systèmes destinés à freiner ces abus de pouvoir et ces plus-values illicites. Selon le rapport, près de 90% des 200 sociétés les plus importantes dans le monde ont adopté un code de conduite applicable aux entreprises, mais moins de la moitié déclarent effectuer un contrôle de conformité. De nombreux pays se situant en bas de classement de l’Indice de Perception de la Corruption publié chaque année, indice qui mesure dans plus de 170 pays — dont l’Algérie —, les niveaux de perception de la corruption dans le secteur public, sont non seulement victimes de gouvernements sans scrupules, mais aussi de grandes sociétés qui sont plus que désireuses de s’acoquiner avec ces gouvernements. Ces enchevêtrements, qui supposent plus que de simples pots-de-vin, sont possibles parce que les sociétés sont persuadées qu’elles peuvent commettre ces pratiques criminelles en toute impunité. A l’inverse, l’intégrité de l’entreprise est un choix payant. Les sociétés qui ont mis en place des programmes de lutte contre la corruption ainsi que des lignes de conduite éthiques subissent moitié moins d’incidents de corruption et sont moins susceptibles de perdre des opportunités commerciales que les autres sociétés. Les outils de lutte contre la corruption dans les entreprises sont largement et facilement disponibles mais les sociétés doivent accélérer le rythme de leur mise en œuvre.
Ethique d’entreprise et intégrité
Le manque de confiance dans l’éthique d’entreprise, souligné par la crise économique actuelle, rend d’autant plus urgent le besoin de promouvoir les mécanismes de lutte contre la corruption, en tant que partie intégrante de la gestion d’une entreprise. Des directeurs prévoyants ont commencé à agir avec force contre la corruption et réduisent les risques afin de garantir une croissance économique durable en plaçant l’intégrité au cœur de leurs opérations. Les entreprises doivent s’opposer à la corruption pour encourager un développement économique durable. L’intégrité de l’entreprise, cependant, va bien au-delà de simples bénéfices ou retours sur investissement. Quand des entreprises sans scrupules pratiquent la corruption, les conséquences peuvent être terribles. Le secteur privé a un rôle crucial à jouer dans la prévention de ces conséquences, en agissant avec transparence et responsabilité à chaque fois qu’un profit se présente.
Djilali Hadjadj

Pour recevoir le rapport de 362 pages, il suffit de nous écrire via Internet : soir_corruption@hotmail.com

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