Cuba. Un pays frère…
… dans tous les sens du terme
Ça tombe bien ! Surtout en ce moment. Surtout ces derniers jours. Une période
particulière où les camelots du pardon total ont été lâchés dans la nature
pour nous vendre la marchandise de leurs maîtres, l’amnistie générale. A
ces démarcheurs de l’oubli, à ces vendeurs à la criée de l’amnésie
amnistiante, à ces rabatteurs armés d’éponges magiques et d’une bonne
dose d’indignité assumée, à ces barbiers qui essayent leurs rasoirs sur les
joues des orphelins, je voudrais proposer à lire et peut-être à relire ce
texte. Une lettre rendue publique par les confrères d’ El-Watan dans leur
espace des lecteurs ce jeudi. Bien sûr que cette missive d’une veuve de
gendarme ne rendra pas moins hyperactifs les marchands d’algues vertes
toxiques, mais ils ne pourront pas dire qu’elle n’aura pas été mise sous
leur nez. Un nez, paraît-il, frémissant dès qu’il s’agit de droits de
l’Homme : «Je suis veuve du défunt adjudant Djenane Mohamed matricule
1974.09.00.345 affecté à la compagnie motocycliste d’Alger-El- Harrach. Il a
été kidnappé le 25 juillet 1994 par un groupe terroriste, puis assassiné.
Son corps n’a jamais été retrouvé, ainsi que le véhicule à bord duquel il
se trouvait. Nous occupions un logement de fonction à la cité du 8-Mai-1945 à
Bab-Ezzouar, et ce jusqu’à ce jour. Mon défunt époux m’a laissé 4
enfants à charge dont une fille âgée actuellement de 20 ans, handicapée
moteur à 60 %. Suite à cette perte tragique de mon conjoint et au stress que
j’ai enduré, j’ai attrapé une maladie chronique, même mes enfants sont
toujours traumatisés et n’arrivent plus à trouver un minimum de stabilité.
Malgré toutes ces circonstances malheureuses, le 7 mars 2009, les gendarmes de
Bab-Ezzouar se sont présentés à mon domicile pour me sommer d’évacuer le
logement. Le 20 août 2009, à la veille du Ramadan et sans aucun respect pour
ma famille, les services de la Sonelgaz sont venus et ont procédé à l’enlèvement
des compteurs d’électricité et de gaz. Cette situation perdure jusqu’à
l’heure actuelle. Je suis la veuve d’un ex-gradé de la Gendarmerie
nationale ayant servi durant 20 ans dans ce corps avant d’être assassiné. Je
tiens à préciser que je ne possède aucun bien immobilier ou terrain à
construire à travers le territoire national.»
Voilà le texte de cette veuve tel que publié. Tel que rendu public. Désolé,
mais je n’ai rien à rajouter à ça. Ou peut-être si. Juste ceci : je fume
du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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