mercredi 14 octobre 2009
Accueil | Edition du jour
 

Actualités
Périscoop
Régions
Culture
Vox populi
Sports
Femme magazine
Le Soir Retraite
Le Soir Auto
Monde
Chronique du jour
Pousse avec eux
Edition du jour
 
Nos archives en HTML
 

Actualités : LES CHÂTIMENTS CORPORELS DANS LES ÉCOLES SE MULTIPLIENT
À quand le bannissement de telles pratiques ?


«Mon fils, qui est en 2e année moyenne, ne veut plus aller en cours ! c’est un adolescent qui n’est pas difficile, mais aujourd’hui avec ce qu’il nous raconte, on ne sait plus quoi faire !»
C’est l’expression du désarroi de parents, qui ne sont pas des cas isolés, face à la violence d’enseignants à l’encontre d’élèves. Ces parents nous expliquent que leur fils craint chaque jour de se voir «corriger» par un prof au cas où il ne saurait répondre. «Il a vu plusieurs de ses camarades de classe frappés et humiliés parce qu’ils n’avaient pas fait leurs devoirs ou qu’ils n’avaient pas su répondre ! Aujourd’hui, il nous a avoué avoir choisi de ne plus rien dire en classe, de se faire le plus discret possible. Il est devenu renfermé, ne s’exprime plus et, bien sûr, ses résultats scolaires sont en chute….». Un enfant à l’évidence brisé psychologiquement par la pédagogie toute particulière de certains enseignants qui se croient au XIXe siècle. En effet, car ici il s’agit de témoignages sur les châtiments corporels que subissent des élèves, quel que soit le palier et donc quel que soit leur âge. Ces témoignages sont légion, comme celui d’une autre mère de famille qui veut elle aussi garder l’anonymat et qui refuse même que l’on cite le nom du CEM se trouvant à Es- Sedikkia, un quartier d’Oran qui n’a pas la réputation d’être difficile. «Chaque jour, ma fille me raconte le nombre de gifles infligées par une enseignante de mathématique aux garçons comme aux filles. La dernière fois, elle m’a demandé ce qu’elle devrait faire au cas où elle aussi serait frappée ?» Le châtiment corporel est un phénomène récurrent dans «l’école algérienne » et personne ne veut l’aborder de manière franche, encore moins l’administration, qui se réfugie derrière des textes et des règlements, jamais appliqués. «Les châtiments corporels sont interdits, les parents ont la possibilité de déposer une réclamation à notre niveau ou des plaintes», avons-nous souvent entendu à la direction de l’éducation. Chez les enseignants, l’on se trouve des excuses : «Les élèves sont souvent mal élevés ,ils ne respectent pas l’enseignant et perturbent les cours» ou encore, en dernier ressort, «des parents nous disent allez-y vous pouvez frapper mon enfant s’il ne travaille pas bien». Du côté des parents, si certains vous disent qu’une bonne gifle ne fait pas de mal, et vous rappellent qu’eux-mêmes, à leur époque, ils ont en essuyé des coups, et qu’aujourd’hui ils se portent bien, d’autres ont peur de réagir et de se plaindre craignant, à juste raison, que leurs enfants ne soient par la suite «cassés» en guise de représailles. Ces réactions sont certes le reflet de la société, des maux et des bouleversements qu’elle subit, mais cela ne doit pas pour autant empêcher tout un chacun d’agir contre ce type de comportement. C’est un problème aussi grave que celui de la surcharge des classes, l’aménagement du rythme scolaire, le contenu des programmes, les droits socioprofessionnels des enseignants.
Fayçal M.

Nombre de lectures : 747

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site