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Bouguerra Soltani. L’entendre ou le voir parler à la
télévision, c’est une véritable…
… torture !
Rappelez-vous ! Nous l’évoquions ici même, le 15 octobre dernier. L’affaire
Chérif, du nom de ce citoyen licencié de son entreprise, qui avait toqué à
toutes les portes, n’avait obtenu aucune réponse, avait fini par envoyer une
lettre plutôt salée-poivrée à Abdekka et s’était finalement retrouvé devant la
justice pour répondre du crime d’injure au chef de l’Etat. Eh bien, le verdict
est tombé. Chérif échappe à la prison, mais pas à l’internement. Il doit
accomplir un séjour en milieu psychiatrique. Lui, jure qu’il a toute sa tête. La
justice, elle, pense autrement. Et moi, qu’est-ce que j’en pense ? Tout
simplement que ce régime est proprement génial ! Il vient de se doter d’un
nouvel instrument de matage de la colère et des frustrations citoyennes.
L’enfermement en hôpital pour déficients mentaux. Fallait juste y penser ! Mais
en même temps, si la chose est «aisée» s’agissant de ce pauvre Chérif — il est
seul et désarmé devant l’appareil d’Etat d’internement — il me semble plus
difficile d’appliquer cette méthode à plus large échelle. Prenons un exemple.
Les émeutiers de Diar Echems. Ils sont des dizaines. Voire des centaines.
Comment tous les traîner devant des juges qui concluront à la non-responsabilité
pénale et à l’internement psychiatrique ? C’est quasiment impossible ! Pour une
raison toute simple. L’Algérie n’a pas construit assez d’hôpitaux psychiatriques
! C’est une erreur stratégique grave. A cause de cette négligence, tous les
émeutiers fous, tous les lycéens grévistes fous, tous les dockers en colère et
fous, tous les travailleurs non payés et fous, tous les syndicalistes libres et
fous, tous les manifestants de ce vaste pays qui sont forcément tous fous ne
peuvent pas être correctement pris en charge et internés. Que faut-il faire
alors ? La seule chose raisonnable à faire en pareille situation. Arrêter
immédiatement les projets de construction de millions de logements, et tout axer
sur l’érection rapide d’asiles psychiatriques. Il en faut beaucoup. Il en faut
énormément. Il en faut pour arriver à y caser 33 millions d’habitants. 33
millions de fous dangereux qui menacent une poignée de saints d’esprit. Je fume
du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L .
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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