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Affaire Khalifa. Londres veut mener Alger en…
… frégates !
Quoi ? 89,62 % seulement ? C’est un scandaaaaaaaale ! Que s’est-il donc passé
lors de cette présidentielle tunisienne ? Je ne peux pas le croire, un score
pareil. Moins de 90 %, c’est une déconfiture pour la démocratie au Maghreb,
c’est une gifle à la règle de l’alternance, si chère à notre douce région. Je ne
peux décemment concevoir que ce score de 89,62 % soit le résultat d’un scrutin
crédible, sans fraude. Il a dû y avoir fraude massive pour empêcher le candidat
Ben Ali de passer la barre normale des 90 %. Je ne sais pas si une commission
locale d’enquête va être mise sur pied, si le Conseil constitutionnel et
Bouchaïr dialhoum vont se saisir de cette affaire, mais il faut tirer tout cela
au clair. Parce que toutes les conditions pour un scrutin hautement démocratique
étaient réunies. Un candidat unique. Un parti unique. Une campagne unique. Une
presse unique. Et un dispositif policier unique. Alors, qu’est-ce qui n’a pas
marché ? Comment en est-on réduit aujourd’hui à ce camouflet, à ce chiffre
riquiqui de 89,62 % en faveur du malheureux candidat Ben Ali ? Avec un tel
score, j’ai peur. Oui ! j’ai peur pour l’avenir démocratique de ce pays voisin
et ami. Et je n’ai pas seulement peur pour mes frères tunisiens. J’ai peur pour
nous tous. La Tunisie vient de provoquer une grosse fissure, une brèche
dangereuse dans l’édifice démocratique régional. Désormais, il y aura un avant
ces 89,62 % et un après. Je ne sais pas pour le Maroc, mais chez nous, en
Algérie, dernier bastion de la vraie démocratie à plus de 90 % — à 90,24 % plus
exactement — je suppose que des mesures urgentes vont être prises. D’abord, une
réaction somme toute normale, et énergique sous la forme d’un communiqué qui
dénoncerait les atteintes graves au bon déroulement de la présidentielle
tunisienne et qui ont occasionné ce score de la honte, ce 89,62 %. Ensuite, un
filtrage plus pointu et plus vigilant à nos frontières. Afin que ce dangereux
virus qui s’attaque en priorité aux plébiscites à plus de 90 % ne vienne pas
nous envahir et nous phagocyter. Et enfin, un ultimatum clair et ferme à tous
les instigateurs du complot contre le frère Ben Ali et qui sont derrière sa
débâcle électorale. Ils doivent lui restituer son score. Celui qui a toujours
été le sien. Qui restera indéfiniment le sien. Et cette restitution doit avoir
lieu le plus rapidement possible. Avant la prochaine élection présidentielle…
algérienne ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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