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FLN : «Nous soutenons l’appel du Président à lutter
contre la corruption et, à notre tour, nous allons mener
une bataille sans merci contre ce fléau.»
Lequel des 2 fléaux ?
Le 2 novembre, que retenir du 1er Novembre ? Un fait qui, à mes yeux,
définit, à lui tout seul, l’indépendance confisquée. Les journalistes d’ Al
Khabar ont reçu une visite plutôt inattendue ces derniers jours. Des citoyens se
sont déplacés au siège de ce grand quotidien arabophone pour annoncer qu’au bout
de moult démarches pour tenir le coup, au bout de mille et un sacrifices pour
garder le cap, au bout de quantité de tentatives pour ne pas sombrer, au bout du
désespoir, le leur et celui de leurs familles, ils se sont résolus à… vendre
leurs reins pour survivre, pour se nourrir. Voilà ! Face à ça, je refuse
d’entamer ne serait-ce qu’un soupçon de débat sur «qui dirigeait véritablement
la base de l’Est ?», sur «la primauté de l’intérieur sur l’extérieur », sur «qui
a vendu le commando Ali Lapointe ?», sur «était-il judicieux pour le FLN
d’appeler à une grève générale en 1956 ?» sur «les purges dans les rangs
messalistes et dans ceux du PC», sur «la véritable tête pensante de la
Révolution» ou encore sur «comment écrire l’histoire, l’épopée de la guerre de
Libération ?». Je refuse cela tout net pour des raisons… néphrétiques ! Pour une
histoire de reins ! Le fait même que 55 ans après le déclenchement de la guerre
de Libération il puisse y avoir des Algériennes et des Algériens réduits à
vendre leurs organes pour que leurs enfants boivent un peu de lait m’interdit de
prononcer, même du bout des lèvres, le mot «indépendance ». Chaque médaille
décernée, chaque discours grandiloquent sur les batailles gagnées
valeureusement, chaque diplôme frappé en son angle des couleurs nationales et du
ruban de la République, chaque distinction doit être, à mes yeux, encoché,
entaillé, balafré de et par ce fait indélébile, incensurable, impossible à
cacher et sur lequel aucun décret officiel ne peut jeter de voile castrateur :
en novembre 2009, des citoyens algériens vendent leurs reins pour ne pas mourir
de faim. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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