Le match Egypte-Algérie, comptant pour la dernière journée des éliminatoires (groupe 3) de la CM-CAN 2010, est lancé. Définitivement. Les deux protagonistes ont moins de deux semaines pour affûter les armes, sportives s’entend. Les Egyptiens ont, comme leurs homologues algériens, opté pour une préparation loin des regards curieux et fouineurs. C’est à Assouan, au bord du Nil, en Haute Egypte, que Shehata a amené, depuis samedi dernier, ses troupes. Le complexe Movenpick Resort d’Assouan accueille un ensemble égyptien amputé de ses pros parmi lesquels-un, Hosny Abderabou en l’occurrence, sociétaire du Ahly Dubaï, a de grandes chances de manquer le rendez-vous crucial du 14 novembre en cours. L’ancien milieu de terrain de Strasbourg s’est blessé samedi dernier lors du match de son club, Ahly Dubaï contre Al-Chariqa. Une blessure qui nécessiterait un repos actif de deux à trois semaines, selon le médecin de l’équipe émiratie. Le cadre qu’offre le complexe hôtelier d’Assouan est merveilleux et le sélectionneur égyptien, qui a prévu un testmatch ce jeudi contre la Tanzanie, aura à mettre les premières retouches à son plan de bataille pour le 14 novembre. Shehata ne devrait toutefois pas changer de munitions pour attaquer le bunker préparé par Rabah Saâdane. L’entraîneur algérien a choisi l’Italie pour mettre au point sa stratégie à la catenaccio développée par Helenio Herrera. C’est en effet à Coverciano, près de Florence, que les Verts peaufineront leur plan anti-Pharaons. Les Algériens ne sont pas encore rassurés sur l’état de santé de certains éléments-clé du dispositif habituellement mis en place par Saâdane. Après Bougherra, dont la reprise des entraînements a mis du baume dans le cœur des fans algériens, c’est vers Ziani que les regards et les prières sont dirigés. Le stratège du WFL Wolfsburg devait reprendre, hier, les entraînements. Son kiné en a décidé autrement et Ziani, atout maître de la ligne offensive des Verts, devrait attendre la fin de cette semaine pour être définitivement fixé sur son retour sur les terrains. Sa présence au Caire n’est pas acquise. Contrairement à d’autres blessés, comme Meghni et Bezzaz, dont le bulletin de santé est moins nuancé. Cette atmosphère d’indécision n’est pas le seul ingrédient de cette finale du groupe éliminatoire. La guerre psychologique, via les médias, fait rage. Sur les pages des journaux et dans les émissions TV spécialisées, le sujet est commenté à force détails. A ce jeu, les Egyptiens se montrent plus crûs. Plus provocateurs. Les nouvelles du front d’Assouan sont globalement occultées du côté du Caire. C’est l’histoire des confrontations algéroégyptiennes qui est revisitée. Tous les détails, malheureux, sont remis au goût du jour. Les frères Hassan sont à chaque invités pour déverser leur haine sur le football algérien. L’un d’eux, Ibrahim Hassan pour ne pas le citer, se rappelle qu’il a été derrière la crise du football algérien. C’est son but, en 1989 au Cairo Stadium, face à l’Algérie qui serait derrière le chaos vécu par la sphère ronde en Algérie. Son frère jumeau, Hossam, invité par le même Al-Ghandour Khaled, dit que l’Algérie n’a jamais été un foudre de guerre. Des témoins qui étaient surtout venus sur le plateau de Dream afin de régler le compte à Shoubeir, l’animateur vedette d’El-Hayat qui tente de recadrer le contexte de ce rendez-vous entre l’Egypte et l’Algérie. Sinon par quoi expliquer que Ibrahim Hassan endosse la responsabilité des désillusions de la sélection égyptienne lors du Mondial-90, en Italie, à Shoubeir. «C’est lui le responsable des buts inscrits par les Pays-Bas et l’Angleterre», se rappelle-t-il, trente ans plus tard. La sale guerre ne fait que continuer. M. B.
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