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Aggravation de la crise interne au MSP. Soltani et Mokri
sont à couteaux tirés.
Couteaux suisses ?
Tout de même ! Qu’est-ce que les temps changent ! Qu’il est assourdissant ce
bruit de vestes retournées. Hier encore, des villageois qui auraient pris les
armes pour défendre leur village, leur dignité, auraient été traités de milices
armées par le régime, de groupes paramilitaires chargés des basses œuvres de
l’ANP et de son bras intelligent, le DRS. Aujourd’hui, les habitants d’Iflissen
sont des héros. Hier, juste hier, il y a à peine une poignée d’années et deux
mandatures d’échecs successifs, on leur aurait accolé dédaigneusement le label
meurtrier de seigneurs de guerre, de machines à tuer, mues par la soif du sang
et de l’argent. Alors que les étendards sont mis au vent un peu partout, alors
que les podiums censés accueillir les nouveaux champions de la dignité retrouvée
sont montés à la hâte, me revient en mémoire cette phrase prononcée par le
premier magistrat du pays. Dans son habit de frais procureur, il avait tranché :
«Dans cette guerre, il n’y a ni vainqueur ni vaincu. Nous ne sommes ni avec
ceux-ci ni avec ceux-là. Les belligérants doivent cesser l’effusion de sang !»
Les belligérants, khouya ! Voilà l’inconvénient des mots, des discours écrits et
lus en public. Et voilà surtout l’inconvénient avec les gens dont on n’a pas
réussi à atrophier la mémoire. Nous nous souvenons ! Et le plus triste, le plus
douloureux des souvenirs, c’est qu’il n’y a pas si longtemps de cela, vous aviez
qualifié les patriotes et les terroristes de «belligérants», décrétant au
passage le match nul. Alors, aujourd’hui, que se passe-t-il, Monsieur l’arbitre
? La guerre aurait-elle repris à l’insu de votre plein gré irrité ? Allez !
Wallah que je ne vais pas m’en priver. Petit moment d’autosatisfaction pour
ceux, dont nous qui n’avons pas changé d’un iota notre discours. Qui avons gardé
irréversible notre veste. Redisons-le aujourd’hui, à l’heure des héros d’Iflissen,
comme nous l’avions dit à l’heure des «milices armées du régime», naguère : un
bon terroriste est un terroriste mort. Et le meilleur des repentirs pour un émir
et pour ses troupes, c’est de finir au bout de la baïonnette d’un militaire ou
d’un patriote. C’est assez clair, comme ça ? Sinon, j’en rajoute une couche. En
la matière, y a qu’à demander, car «le cœur est plein» et il ne demande qu’à
être vidé. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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