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Football. Egypte-Algérie, au Caire. C’est l’armée égyptienne
qui prendra en charge la sécurité.
Kituki ?
Il faut y penser. Et sans tarder ! Il faut mettre sur pied un comité ou une
association ou un haut conseil ou une fédération ou un commissariat ou un
groupement ou une quelconque autre structure, appelez-là comme vous voulez, qui
s’occuperait des intérêts des responsables algériens obligés de quitter
précipitamment un pays étranger. Quand ils n’étaient pas encore nombreux, la
mise en place de ce genre de structures n’était pas une urgence. Mais
aujourd’hui, elle s’impose d’elle-même vu le nombre de nos dignitaires
contraints au retour en 4e vitesse en Algérie. Jusque-là, on a pensé à tout.
Comment les exfiltrer. Comment leur faire prendre le premier vol de nuit et
autres astuces censées leur permettre d’échapper aux justices des pays
d’accueil. Mais on a oublié des détails qui ont pourtant leur importance. Le mec
obligé de quitter sa chambre d’hôtel dans la précipitation ne pensera pas,
logiquement à tout prendre avec lui. Ainsi, il est fort possible qu’il oublie
des effets de toilette dans la salle de bains. Une brosse à dents, un rasoir ou
un séchoir. Il faut aussi pouvoir rapatrier ces objets qui font partie du
patrimoine de notre compatriote, et donc, par extension, du patrimoine du pays.
Si ce même Algérien vachement pressé de partir a fait des achats, les a entassés
dans des sacs et des valises dans sa chambre d’hôtel, il faudra, là aussi,
penser à les acheminer au bled, car, qu’on le veuille ou pas, ces achats-là, le
monsieur les a payés. D’ailleurs, il faudra aussi veiller à envoyer quelqu’un à
l’aéroport pour procéder aux formalités de détaxe des produits et effets
achetés. Il n’y a pas de raison de faire bénéficier la TVA des pays d’accueil de
cadeaux pareils. Autre aspect à ne pas négliger : si notre responsable fuit de
nuit un pays soudain devenu juridiquement hostile à son encontre et qu’on
l’embarque dans un avion, en classe économique alors que son billet, à l’origine
est un première classe, il est nécessaire de lui verser une compensation pour ce
déclassement indépendant de sa volonté. Et je n’évoque même pas ici la nécessité
impérieuse de réfléchir aux voies et moyens pour que notre infortuné responsable
fuyard puisse récupérer les nuitées d’hôtel qu’il n’aura forcément pas
consommées, puisqu’il aura été obligé de déguerpir de son lieu d’hébergement,
rattrapé qu’il est par son supposé passé. Et ouais ! Il ne va tout de même pas
casquer pour 7 nuits alors qu’au bout de la 2e, il avait les juges aux fesses et
l’aéroport en ligne de mire, non ? En clair, il nous faut veiller en tous points
à ce qui nous rassemble tous : la dignité de nos dignitaires indignés de se voir
pourchasser d’un pays étranger, mais qui n’ont pas matériellement trop le temps
d’aller protester de leur dignité bafouée. Je fume du thé et je reste éveillé,
le cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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