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Equipe nationale. J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.
Abdekka devrait assister à la rencontre contre
l’Egypte, au Caire.
Et la bonne nouvelle ?
«La grève n’est pas justifiée !». La sentence est de Boubekeur Benbouzid,
ministre de l’Education depuis l’Indépendance. Il a raison Highlander ! La grève
des enseignants n’est vraiment pas justifiée. Qu’est-ce qui justifie de faire
grève lorsqu’on touche 15 000 dinars par mois au bout de 10 ans d’ancienneté,
hein ? Rien ! L’éternel ministre de l’Education est même en droit d’exiger des
enseignants qui touchent moins de 20 000 dinars par mois qu’ils sortent
manifester leur joie plutôt que leur colère. Car on ne peut qu’être joyeux et
fier avec un tel salaire dans un pays qui vous refile la pomme de terre à 70
dinars et l’oignon à pas moins cher. Avec 15 000 dinars, l’enseignante et
l’enseignant algériens devraient, avant de se rendre chaque matin dans leurs
établissements respectifs, faire un crochet par le siège du ministère, pour ceux
qui exercent dans la capitale, et par celui des directions régionales de l’Education,
pour ceux qui travaillent dans les autres zones du pays afin d’y déposer
cérémonieusement des gerbes de fleurs en signe de remerciement et de vénération
adorative pour la générosité de ce régime de bananes qui nous gouverne et qui
leur verse si royalement 15 000 dinars tous les mois. Avec un pactole de 15 000
dinars, les enseignants devraient en reverser une partie dans un fonds de
solidarité ou dans une quelconque autre association de bienfaisance, il leur en
restera bien assez pour mener grand train de vie, car c’est connu, en Algérie,
faut vraiment faire montre de mauvaise foi ou de mauvaise gestion de son budget
pour ne pas vivre comme un nabab avec moins de 20 000 dinars. A ce niveau-là, ce
n’est plus un salaire qui est versé aux enseignants, c’est une rente dorée.
Est-ce que vous savez que même les traders des grandes places boursières
mondiales envient le salaire de nos maîtres d’écoles ? Mieux encore, savez-vous
—Boubekeur Benbouzid le sait, mais par devoir de réserve et par tact, il n’en a
jamais parlé — savez vous donc quelle a été la dernière volonté du financier
Bernard Maddof avant qu’il ne soit emprisonné pour escroquerie ? Il voulait
venir enseigner dans une école primaire algérienne. Et ouais ! Et cette info,
c’est du solide, car je la tiens personnellement de Jérôme Kerviell qui, lui,
souhaiterait ardemment être recruté par un CEM algérien. Je fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
www.tacervellesarrete.blogspot.com
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