Culture : COMMÉMORATION DU 31e ANNIVERSAIRE DE LA MORT D’EL-HADJ M’HAMED EL-ANKA
Le dépositaire de la musique chaâbi


Un peu plus de trente ans après sa mort, El-Hadj M’hamed El Anka reste le maître incontesté de la musique chaâbi.
Le 23 novembre 1978, mourût à Alger le grand chanteur du chaâbi, M’hamed El-Anka, de son vrai nom Aït Ouarab Mohamed Idir Halo. L’occasion saisie par les établissements Arts et Culture pour commémorer le 31e anniversaire de sa mort avec un programme étalé sur trois jours, du 19 au 21 novembre prochains. Cette commémoration se déroulera dans les centres culturels, les maisons de jeunes et les médiathèques rattachées à cet organisme. Plusieurs localités sont concernées par ces soirées de galas : Draria, Douéra, Chéraga, Baraki pour ne citer que celles-là. De nombreux artistes de renom ont répondu présent pour rendre un hommage au grand maître du chaâbi : Abdelkader Chaou, Youcef Lazizi, Boualem Rahma, Meskoud ou encore El-Hadi El- Anka... Le grand maître du chaâbi, devenu déjà une légende de son vivant, naquit le 20 mai 1907 à La Casbah d'Alger, au sein d'une famille modeste, originaire de la Grande- Kabylie. Le jeune homme va parfaire son éducation dans trois écoles, successivement, l’école coranique, l’école Brahim-Fatah et une autre à Bouzaréah entre 1912 et 1918. Il va quitter l’école vers l’âge de 11 ans pour travailler. Mais, au fond de lui, entretient une passion naissante pour la musique ce qui lui permit d’être remarqué et intégré des orchestres locaux qui animaient les fêtes de mariage. Lorsque en 1962 survint la mort de cheikh Nador, par la force des choses, le flambeau fut repris par El-Anka devenu, de la sorte, le chef de file reconnu et fort apprécié par ses pairs non sans poursuivre son éducation musicale auprès des maîtres de l’époque comme le cheikh Sid-Ali Oulid Lakehal. Sa renommée va se concrétiser avec l’enregistrement de ses premiers disques chez Columbia et sa participation à l'inauguration de la Radio PTT Alger. Le 5 août 1931, cheikh Abderrahmane Saïdi venait de s'éteindre. Ce grand cheikh disparu, El-Anka se retrouvera seul dans le genre m’dih. Dès son retour de La Mecque en 1937, il reprit ses tournées en Algérie et en France et renouvela sa formation. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et après une période jugée difficile par certains proches du cheikh, El-Hadj M'Hamed El-Anka va être convié à diriger la première grande formation de musique populaire de Radio Alger à peine naissante et succédant à Radio PTT, musique populaire qui allait devenir, à partir de 1946, le «chaâbi». Le maître dispense des cours dès 1955 au Conservatoire municipal d'Alger. Certaines des chansons interprétées par le maître à sa manière, jouant sur la sensibilité de la poésie et sur une mélodie entraînante, deviendront des chefs-d’œuvre, formant un répertoire riche et diversifié : El-Hmam ou encore Soubhane Ellah Yaltif. El Hadj El-Anka a interprété près de 360 poésies ( qaca'id) et produit environ 130 disques. Après Columbia, il réalise avec Algériaphone une dizaine de 78 t en 1932 et une autre dizaine avec Polyphone. Après plus de cinquante ans au service de l'art, El- Anka animera les deux dernières soirées de sa carrière jusqu'à l'aube, en 1976, à Cherchell, pour le mariage du petit-fils de son maître cheikh Mustapha Nador et, en 1977, à El-Biar, chez des familles qui lui étaient très attachées. Il mourut le 23 novembre 1978, à Alger.
R. C.

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