jeudi 12 novembre 2009
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Actualités : INFANTICIDE À ORAN
Le père frappe son fils à coups de marteau et la mère l’étrangle avec son foulard


La cour d’assises a statué, hier, sur une affaire des plus dramatiques qui avait défrayé la chronique à Oran, l’année dernière. Il s’agit de l’histoire de deux époux, résidant dans la localité dite des «Planteurs», qui ont mis fin aux jours de leur fils, de très mauvaise réputation, le tuant lors d’une rixe qui a mal tourné.
La genèse de cette affaire remonte au 21 décembre 2008. Selon le rapport de police, l’enquête a été ouverte suite à une plainte déposée par les parents de la victime, Fethi, âgé de 19 ans. Dans cette plainte, les époux racontent qu’ils ont découvert le corps sans vie de leur fils abandonné dans la rue, pas loin du domicile familial, avec une profonde blessure au niveau du crâne, comme s’il s’agissait d’une agression. Une version qui, au fil des investigations menées par les service de sécurité, s’est avérée mensongère. Ce sont, selon les enquêteurs, les traces d’étranglement découvertes sur le cou de la victime et l’absence de traces claires de sang sur le lieu présumé du crime qui ont éveillé les soupçons des enquêteurs et les ont poussés à approfondir les investigations. Après une longue séance d’interrogatoire, le père de la victime a fini par avouer son forfait, de même que son épouse, déclarant que c’est lors d’une violente altercation entre lui et son fils que l’irréparable est survenu. «Mon enfant avait l’habitude de voler nos affaires pour les revendre ailleurs et ceci afin de trouver de quoi acheter ses boissons alcoolisées et sa drogue. Dans la nuit du 21 décembre, ma femme et moi avons essayé de nous opposer à sa volonté de confisquer notre décodeur numérique de télévision pour le revendre. Comme d’habitude, une dispute a éclaté entre nous. Nous avons juste tenté de nous défendre, alors qu’il était devenu fou de rage et s’en était pris à nous, en nous battant sans aucune pitié», s’est justifié l’accusé devant la justice. Et d’ajouter : «Je n’ai trouvé devant moi, lors de cette dispute, que le marteau que j’ai utilisé pour me défendre. Je n’ai à aucun moment voulu assassiner mon enfant. Ce n’était ni mon intention, ni celle de mon épouse qui a utilisé son foulard en le serrant autour du cou de son fils pour l’empêcher de me faire du mal». Lors de l’audience, le représentant du ministère public a requis quinze ans de prison à l’encontre des deux accusés. Le crime a été requalifié en délit de coup et blessures ayant entraîné involontairement la mort. Au terme des délibérations, le tribunal, accordant de larges circonstances atténuantes aux deux accusés, a condamné ces derniers à quatre ans de prison ferme.
Ben Aziz

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