Actualités : Ya Rabah Ya Saâdane, Yahia l’Algérie Fel Mondial

Omdurman, El-Merrikh Stadium, temps chaud, pelouse praticable, affluence record, organisation dépassée, arbitrage d’Eddy Maillet (Seychelles) assisté de MM. Damoo Jason Joseph (Seychelles) et Menkouande Evarist (Cameroun).
4e arbitre : Labrosse Jean Claude(Seychellois). Contrôleur des arbitres Abdallah Salem (Libye). Commissaire au match M. Omari Selemani Constant (RD Congo). Officier de la sécurité Bahou Mohamed (Maroc)
Avts : Belhadj (1’), Ghezzal (21’), Ziani (49’), Yebda (53’) W. Gomaâ (26’), H. Abderabou (62’)
Algérie : Chaouchi, Bougherra, Yahia puis Zaoui(68’), Halliche, Belhadj, Yebda, Mansouri, Ziani, Meghni puis Matmour (57’), Saïfi puis Ghilas(84’), Ghezzal. Entr.: Saâdane
Égypte : El-Hadary, Al-Mohammadi, Mouadh, Hany Said, Wael Gomaâ, Ahmed Fathy puis Hosny Abderabou(46’), Ahmed El-Saka puis Ahmed Eid (75‘), Ahmed Hassan, Mohamed Aboutreika, Amr Zaky puis Zidan(46’), Imed Motaeb. Entr.: Shehata

24 ans ont suffi. L’Algérie a pris son billet pour une troisième participation au Mondial de son histoire. Hier, à Omdurman, au stade d’El- Merrikh, les Verts ont rejoint le Panthéon des grands. Des meilleurs. En Afrique du Sud, l’Algérie fera son devoir de seul représentant arabe à ce Mondial. Les frères égyptiens qui clamaient leur foncière arabité ont compris hier que Rabah Saâdane et ses guerriers n’ont rien de nains…
Réussir un match d’hommes pour ne rien regretter

Saâdane a donné la consigne aux joueurs pendant ce match couperet. Presser les Egyptiens dans leur zone était la tactique du coach, tant pour les milieux de terrain que pour les joueurs de couloirs. Gagner des duels, tous les duels si possible. Le match commencera par un léger ascendant égyptien. Sur deux retraits, Chaouchi, le gardien algérien, sortira vainqueur à chaque fois. Pendant les vingt premières minutes, les Verts ont mis la pression. A la 14’, suite à un coup franc de Ziani à gauche des bois d’El-Hadary, Yahia avait le but au bout du pied. Le défenseur Gomaâ dégagera le tir du défenseur de Bochum in extremis. L’ensemble égyptien a tenté de réagir en usant de balles latérales. Les Verts ne faiblissaient pas et, à la 27’, un autre coup franc, à partir de la droite, botté par Belhadj, oblige El-Hadary à sauter sous la barre et dévier en corner. Les Pharaons préparaient leur riposte, mais elle fut mal conclue par Aboutrika, effacé, par ailleurs, qui reprendra un centre au cordeau de Mouadh (30’). Le latéral droit, El- Mohammadi, aurait pu créer la surprise en exécutant, dans les 11 mètres, un pointu dévié par le portier algérien (33’). La pression change alors de camp. Djelloul, l’adjoint de Saâdane, demandera à Mansouri, le capitaine d’équipe, de replacer ses jeunes coéquipiers. Message reçu cinq sur cinq puisque Ziani, qui s’est fait oublier, réapparaît. Son altruisme coutumier aurait pu faire la différence s’il avait remis une balle en or, suite à un double crochet, à Ghezzal ou Saïfi, mieux placés en pointe (37’). Il sera imité une minute après par Meghni dont le tir passe complètement à côté, lui qui avait le cadre en face. L’essai de la Lazio ne fera qu’annoncer la tangue. On joue la 40’ quand sur un long retrait de Ziani, Yahia, se démarque dans les six mètres pour reprendre de plein fouet. Sous la lucarne. El-Hadary, le pharaonique gardien égyptien, succombe. La barre lui tombe dessus. L’Algérie avance vers Johannesburg sous la flamme d’Omdurman.
Chaouchi, un héro venu d’ailleurs      
 
Une flamme bénie et que les Algériens ont tenu à entretenir durant les quarante- cinq minutes à venir. Dure épreuve pour les troupes de Saâdane qui voulaient contenir la furia des vieux Pharaons. Mais hier, un autre homme a surgi de là-bas, du monde des grands. Chaouchi, Monsieur plus, a tronqué son blouson bleu pour casser les vedettes des Pyramides. Le seigneur d’un soir mémorable à Omdurman. Le gardien algérien a tout stoppé. Même les ardeurs folles des Egyptiens qui multipliaient les assauts. Sans pouvoir le tromper. Cette seconde mi-temps, hautement tactique, les Algériens l’ont abordée en guerriers. Ils avaient faim d’une revanche. Sportive celle-là. Rien à voir avec les agressions, les humiliations et les harcèlements du Cairo Stadium. Ghezzal avait la balle du KO lorsqu’il reprendra un centre parfait de Yebda. Sa reprise de la tête est repoussée par El-Hadary sur la ligne (60’). Depuis, l’Egypte se ressaisit en assaillant le camp de Chaouchi. Infranchissable. Malgré les quelques bavures de nos défenseurs et les blessures de Yahia, Bougherra et Halliche, Motaeb, celui qui a redonné une autre existence aux Pharaons, puis la vedette Aboutrika, un vrai gentleman, n’ont pu avoir raison du portier des Verts(61’ et 71’). Le temps additionnel, ce facteur qui avait, un 14 novembre au stade de la honte, qui a été fatal aux Algériens, nous a donné que des sueurs froides. L’arbitre, autre élément qui nous a été, sur une petite mais cruciale erreur, défavorable en Egypte, a été fidèle à son sifflet d’or. Rarement, il laissera les Egyptiens l’intimider. Enfin, le public, nos valeureux supporters qui ont voyagé sans savoir ce que leur réserverait le sort, a fait le reste. L’Algérie ira au Mondial sud-africain. Grand bonheur lui fasse. Ceux qui ont douté d’elle, de ses joueurs, de son peuple, ont eu la réponse. Gijon et Mexico sont lointains. La plupart de ces joueurs n’étaient pas encore nés lorsque les Belloumi, Madjer et autre Assad crucifiaient la RFA ou tenaient tête à la Seleçao de Zico, Socrates et autre Falcao au stade aztèque. Le passage de témoin, c’est désormais fait !
M. B.

IMPRESSIONS À CHAUD
RABAH SAÂDANE (ENTRAÎNEUR NATIONAL) :
«C’est la victoire du peuple»
«Nous étions super motivés pour arracher cette qualification. A l’entrée du stade, nous avions eu la chair de poule à la vue de ces milliers de supporteurs qui sont venus d’Algérie. Le match était tactique et le but est venu au bon moment. Nous avons su gérer la rencontre. Nous avons eu d’autres occasions pour tuer la rencontre. Je remercie les joueurs leur courage et pour avoir battu les doubles champions d’Afrique.»

KARIM ZIANI (JOUEUR) :
«Nous étions prêts à manger le gazon»
«Je ne croie pas que je suis mondialiste. Nous aurions pu nous qualifier en Egypte, n’était-ce le plan diabolique des Egyptiens. Dieu merci, nous avons pu se rattraper en terre soudanaise, qui nous a porté chance. Pour parler de cette rencontre, je dirai que nous avons joué avec les tripes. Nous étions prêts à manger le gazon. Dieu merci, nous sommes mondialiste. Je dédie cette victoire à tout le peuple algérien. »

FAOUZI CHAOUCHI (GARDIEN DE BUT) :
«Je n’ai fait que mon devoir»
«Nous étions super motivés et décidés à arracher cette victoire. La présence de ces milliers de supporteurs algériens nous a poussé à nous surpasser.»

Nombre de lectures :

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable