Régions : TIZI-OUZOU
On achève bien les cancéreux !


Inhumaine, révoltante, épouvantable… Tous les adjectifs ne peuvent pas décrire la situation dans laquelle baignent des centaines de citoyens de la wilaya de Tizi-Ouzou atteints de cette pathologie.
En effet, comment pourrait-on accepter que la 3e wilaya en terme de démographie (après Alger et Sétif) ne dispose pas encore au sein de son centre hospitalo-universitaire d’un centre de cancérologie ni d’un sénologue ? «Nous sommes contraints de louer un taxi depuis Maâtkas jusqu’à Blida pour une séance de radiothérapie, cela nous revient à 5 000 DA pour chaque déplacement», s’indignera Fazia N., la fille d’une malade, pourtant cas social. Une famille qui trouve toutes les peines du monde à subvenir aux autres frais médicaux et médicamenteux. Un médicament essentiel reste quasi introuvable, un traitement pourtant impératif. C’est dire que tout le monde est unanime à déplorer, voire à condamner ce calvaire qu’endurent les patients et leurs familles. L’omniprésente association El-Fedjr de Tizi-Ouzou ne cesse de revendiquer l’implantation d’un service de cancérologie dans cette importante wilaya avec surtout sa topographie montagneuse, mais en vain. Un patient de Bouzguène ou d’Iferhounene se doit de parcourir plus de 250 km pour une séance de radiothérapie. «On veut bien nous achever, qu’ils le reconnaissent ! En tout cas, la maladie le fera. Les autorités locales au niveau de la wilaya n’ont pas trop à s’inquiéter, c’est inhumain !» En tout état de cause, le cri de détresse est lancé en direction de la direction de la santé et de la population et au ministre de la Santé par plus de 400 malades de la wilaya de Tizi-Ouzou, dont la moitié est composée de femmes presque toutes avancées dans l’âge. Cela, sans évoquer ceux qui meurent à petit feu dans l’anonymat.
Amayas Idir

Nombre de lectures :

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable